Les effets des additifs alimentaires

L’additif E415, connu aussi sous le nom de gomme xanthane, vient d’être épinglé par une étude scientifique. Selon ses auteurs, il affecterait notre microbiote intestinal et plus particulièrement deux bactéries qui en font partie. Lors de leur fabrication, les aliments dits transformés le sont souvent par différents additifs alimentaires qui sont là pour modifier leur texture, rehausser leurs arômes ou pour améliorer leur durée de conservation. Parmi eux se trouve la gomme xanthane, ou E415, montré du doigt dans une étude scientifique.

Commercialisé depuis les années 60, la gomme xanthane est utilisée dans les vinaigrettes, les plats préparés, les viandes et de nombreux autres produits, pour épaissir les aliments issus de l’industrie agro-alimentaire. Jusqu’à présent considéré comme inoffensif, il vient d’être mis en cause par des chercheurs dans la modification du microbiote intestinal. L'additif E415 est produit par la fermentation du sucre à l'aide de la bactérie Xanthomonas campestris. Ce processus crée alors un liquide gélatineux qui, une fois séché et transformé en poudre sera ajouté aux aliments.
Comme dit précédemment, la gomme xanthane était considérée comme inoffensive en raison de l’incapacité des bactéries intestinales de la digérer. Mais les auteurs de cette étude viennent justement de remettre cette affirmation en question en démontrant que les bactéries sont désormais capables de dégrader cet additif composé de plusieurs sucres.

Ces travaux, qui ont été dirigés par deux chercheurs de l'université du Michigan aux États-Unis ont été publiés dans la revue Nature microbiology. Ils ont ciblé deux bactéries capables de détruire la gomme xanthane, en travaillant sur des modèles murins et par analyses bioinformatiques. La première bactérie appartient à la famille des Ruminococcaceae et la seconde bactérie est Bacteroides intestinalis. Toutes deux sont capables de réduire la molécule E415, dans l’intestin. "La bactérie qui peut digérer la gomme xanthane a été isolée du microbiote intestinal d'un nombre étonnamment élevé de personnes des pays industrialisés", explique Sabina Leanti La Rosa, l'une des chercheuses ayant participé au projet. "Nous avons été surpris de voir à quel point les bactéries intestinales humaines se sont adaptées à cet additif depuis son introduction dans l’alimentation moderne il y a seulement cinquante ans", a-t-elle ajouté.