La bière et les maladies cardiovasculaires

On connaissait le "French paradox", selon lequel le vin diminuerait les affections coronariennes. Certaines études estiment aujourd'hui que la bière, consommée raisonnablement, protègerait de l'infarctus du myocarde… Il est admis que la consommation de vin, en quantités raisonnables, protège contre le développement de maladies cardiovasculaires et notamment contre l'apparition des affections coronariennes responsables de l'angine de poitrine et de l'infarctus du myocarde. Ce phénomène pourrait d'ailleurs expliquer le célèbre "French paradox", qui intrigue tant les Américains : les habitants de l'Hexagone présentent une mortalité cardiovasculaire relativement faible alors qu'ils présentent des taux de cholestérol sanguin relativement importants.
Dans le cas des autres boissons alcoolisées comme la bière, l'existence d'un effet protecteur reste, en revanche plus discutée. Une étude réalisée en République Tchèque, pays où les habitants sont de forts consommateurs de bière suggère néanmoins que la consommation de cette boisson pourrait diminuer le risque de récidive chez les personnes ayant été victimes d'un infarctus du myocarde. Cet essai a été réalisé chez des hommes de 25 à 64 ans, qui avaient auparavant été victimes d'un infarctus. Les effets sur la santé ont été étudiés à la fois chez les non buveurs et chez les consommateurs exclusifs de bière, afin d'éliminer de possibles interférences avec d'autres boissons. Une analyse au sein de la population tchèque d'âge comparable a servi de référence.
La diminution la plus forte du risque d'infarctus du myocarde a été relevée chez les hommes qui avaient bu de la bière une fois par jour, ainsi que chez ceux dont la consommation se situait entre 4 et 9 litres de bière par semaine. En revanche, l'action protectrice était perdue pour des consommations supérieures de bière. Ces résultats corroborent ceux d'une étude antérieure publiée en 1997 par U. Keil et coll, au sein d'une population elle aussi fort amatrice de bière, puisqu'il s'agissait des Allemands de Bavière. Comme le vin, la bière pourrait donc posséder une certaine action protectrice lorsqu'elle est absorbée en quantités modérées. Ceci laisse penser que l'éthanol contenu dans les boissons alcoolisées, agit au niveau cardiovasculaire.