Bactéries sur les billets de banque
Et si en échangeant de l’argent, on transmettait aussi des microbes ? D’après une étude non-publiée rapportée par le Wall Street Journal, seulement la moitié de l'ADN trouvé sur les billets de 1$ est humain ; pour le reste, on y découvre beaucoup de micro-organismes, dont certains pathogènes... Les billets de banque font partie des objets qui passent le plus de main en main dans le monde. Des hygiénistes se sont déjà inquiétés du fait qu'ils représentent un moyen de transmission pour des maladies. Des bactéries présentes sur les billets pourraient se nourrir des résidus laissés par les doigts en les manipulant. Des études ont déjà montré que les endroits partagés, comme les chambres d'hôtel peuvent être des nids à microbes.
Ici, des chercheurs de l’université de New York, participant au projet « Dirty Money », ont analysé l’ADN de 80 billets de 1 $ récupérés dans une banque de Manhattan. Les séquences d'ADN obtenues par une technique de séquençage à haute vitesse ont été analysées par informatique. Cette méthode permet d’identifier beaucoup plus d’espèces que lorsque les scientifiques isolent des cellules et les étudient au microscope.
Conclusion : L’ADN identifié sur les billets était très varié, la moitié environ était d’origine humaine. Mais les chercheurs ont aussi trouvé de l’ADN de bactéries, virus, champignons, pathogènes de plantes, chevaux, chiens... Sur 1,2 milliard de segments d’ADN, les bactéries représentaient 54 millions de segments. 3.000 types de bactéries ont été identifiées, soit beaucoup plus que les études précédentes qui n’utilisaient pas les mêmes techniques. Parmi ces espèces bactériennes, il y avait celle qui cause l’acné, mais aussi des bactéries plus inquiétantes : des souches liées aux ulcères gastriques (Helicobacter pilori), aux intoxications alimentaires (Escherichia coli) ou aux infections de la peau (Staphylococcus aureus). Certaines portaient des gènes responsables de résistances aux antibiotiques (Acinetobacter).
