Le régime asiatique influe sur la glycémie

Les américains d’origine asiatiques auraient plus de risque de diabète de type-2 que les américains de type « caucasien ». D’après une étude du Joslin Diabetes Center (Boston) parue dans PLOS One, cela s'expliquerait par le passage d’un régime asiatique, riche en fibres et pauvre en graisses, à un régime de type occidental. Plus de la moitié des adultes diabétiques dans le monde vivent dans l’Asie du Sud-Est ou l’Océan Pacifique Ouest et 10 % des adultes chinois souffrent de diabète. Une cause possible est le passage à une alimentation typiquement occidentale.
Pour le savoir, les chercheurs ont réalisé une étude sur 16 semaines avec 24 américains d’origine est-asiatique et 16 de type « caucasien ». Leur moyenne d’âge était de 34 ans ; ils étaient soit de poids normal soit en surpoids, mais pas obèses. Tous les participants avaient des antécédents familiaux de diabète de type 2 ou un autre risque de diabète, comme du diabète gestationnel.
Pendant les 8 premières semaines, les participants ont mangé un régime traditionnel de type asiatique avec : 70 % de calories provenant de glucides, 15 % de protéines, 15 % de graisses, et 15 g de fibres pour 1.000 calories. L’alimentation, comprenant 3 repas et un en-cas par jour, était préparée par des cuisiniers et livrée tous les 2 jours. Un effort a été fait pour que cette alimentation soit goûteuse, si bien que les participants ont bien adhéré au régime. D'après les auteurs, le régime traditionnel asiatique permet une grande variété d’aliments, car aucune catégorie d’aliments n’est vraiment exclue ; de plus, son coût est moindre par rapport à un régime protéiné.
Pendant les 8 semaines suivantes, 33 personnes (20 d’origine asiatique et 13 de type caucasien) sont passées à un régime occidental avec : 6 g de fibres pour 1.000 calories, 50 % de calories provenant de glucides, 16 % de protéines et 34 % de graisses. Le régime occidental contient surtout des protéines d’origine animale (60- 80 % des protéines). Les autres participants sont restés au régime traditionnel asiatique. Les chercheurs ont rencontré les participants régulièrement et ajusté les régimes pour maintenir stable leur poids.
Les chercheurs ont observé une amélioration de la sensibilité à l’insuline grâce au régime traditionnel asiatique. Les participants ont perdu du poids (en moyenne 1,6 kg) et des graisses corporelles (-1,7 %). La présence de fibres qui favorisent la satiété pourrait expliquer la perte de poids. Le régime asiatique a aussi diminué les marqueurs de l’inflammation. Pour les chercheurs, c’est la combinaison d’un régime riche en fibres et faible en graisses qui améliorerait le contrôle de la glycémie.