Les brocolis soignent l’autisme
À la liste déjà longue des bienfaits du brocoli – prévention du cancer colorectal, amélioration de l’arthrose et de l’asthme, détoxification de l’organisme -, une nouvelle étude parue dans Proceedings of the National Academy of Sciences pourrait en ajouter un nouveau. Chez des jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme, le sulforaphane, composant du brocoli, permet d’améliorer certains troubles du comportement liés à la maladie, comme l’interaction sociale et la communication verbale.
Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) regroupent l’autisme ou trouble autistique, le syndrome d’Asperger et le trouble envahissant du développement non spécifié. Les TSA sont caractérisés par des anomalies du développement neurologique qui se manifestent par des altérations de la capacité à communiquer et à interagir socialement ainsi que par des comportements atypiques dans la communication, le jeu et l’imagination. Les légumes crucifères (choux, navet, radis, cresson...), et particulièrement le brocoli, contiennent une substance, la glucoraphanine (de la famille des glucosinolates) qui se transforme en sulforaphane lorsque le légume est mastiqué et avalé.
Dans cette étude, les chercheurs ont administré quotidiennement pendant 18 semaines et par voie orale du sulforaphane, issu de brocolis, à 29 jeunes hommes (13 à 27 ans) atteints de troubles du spectre de l’autisme. Le groupe de contrôle (15 participants) a reçu un placebo. Les effets du sulforaphane sur le comportement ont été évalués par trois tests comportementaux remplis par les parents, les soignants et les médecins (Aberrant Behavior Checklist (ABC), Social Responsiveness Scale (SRS), et Clinical Global Impression Improvement Scale (CGI-I) avant et après l’intervention.
Au bout de 4 semaines de traitement par le sulforaphane, des améliorations apparaissent déjà et continuent d’augmenter jusqu’à la fin de l’intervention. Après 18 semaines de traitement, les scores des tests ABC et SRS ont diminué de 34% et 17% respectivement, démontrant une amélioration comportementale notamment sur des paramètres tels que la léthargie, l’irritabilité, l’hyperactivité, la communication et la motivation. Les chercheurs ont noté qu’après l’arrêt du traitement avec le sulforaphane, les scores ABS et SRS ont eu tendance à revenir à leur niveau initial (avant l’intervention). Dans le groupe qui a pris du sulforaphane, après 18 semaines de traitement, les chercheurs ont remarqué une nette amélioration –évaluée par l’échelle CGI-I- au niveau de l’interaction sociale pour 46% d’entre eux, au niveau des comportements aberrants pour 54% d'entre eux et au niveau de la communication verbale pour 42% d'entre eux.
