Comparaison entre glucides et graisses saturées
Une nouvelle étude parue dans PLOS One suggère que doubler, voire même presque tripler la quantité d’acides gras saturés dans l’alimentation ne contribue pas à faire grimper le niveau sanguin d’acides gras saturés. En revanche, une augmentation de la quantité de glucides alimentaires entraine l'élévation d’un acide gras dans le sang, qui a été lié à un risque accru de diabète et de maladie cardiaque
Les études scientifiques récentes montrent qu’il n’existe pas d’association entre maladie cardiaque et graisses saturées alimentaires. Pourtant des niveaux plasmatiques plus élevés d’acides gras saturés sont associés à un risque accru de diabète de type 2 et de maladie cardiaque. Il y aurait donc un décalage entre graisses saturées alimentaires et niveau d’acides gras saturés dans le sang.
« Les études de populations n’ont montré aucune association entre graisses saturées alimentaires et maladie cardiaque pourtant les directives diététiques continuent de préconiser la restriction de graisses saturées » déclare Jeff Volek, auteur de l'étude. « Par contre, il existe une association entre graisses saturées dans le sang et maladie cardiaque. Il faut alors se demander pourquoi certains stockent des graisses saturées ».
Dans cette étude, 16 participants en surpoids ou obèses et souffrant d’un syndrome métabolique ont été recrutés. Le syndrome métabolique est défini par la présence d’au moins 3 facteurs de risque sur 5 (tour de taille, hypertension, glycémie...) de maladie cardiaque ou de diabète. Dans cette étude qui a duré 21 semaines au total, les participants ont d’abord suivi pendant 3 semaines un régime faible en glucides. Puis ils ont été soumis à 6 phases de régimes alimentaires qui duraient chaque fois 3 semaines et dans lesquels la quantité de glucides était progressivement augmentée (de 47 g à 346 g par jour) alors que simultanément les graisses saturées étaient diminuées (de 84 g à 32 g par jour). Le nombre de calories (2500 kcal par jour) et la quantité de protéines (130 g par jour) étaient inchangés. Les résultats montrent que les graisses saturées totales dans le sang n’augmentent pas, voire même diminuent, lorsque la quantité d’acides gras saturés augmente dans l’alimentation et que l’apport en glucides est diminué. La quantité d’acide palmitoléique diminue avec un faible apport en glucides et augmente lorsque les glucides sont réintroduits dans le régime alimentaire des participants. L’acide palmitoléique est un acide gras issu du métabolisme des glucides qui a pu dans certaines études être associé à l’obésité et à une augmentation du risque d’inflammation, de résistance à l’insuline, de diabète de type 2 et de maladie cardiaque.
Les chercheurs ont noté une augmentation de l’acide palmitoléique chez tous les participants, mais dans des proportions différentes. « Cela montre qu’en fonction des individus, la tolérance aux glucides varient considérablement » expliquent les auteurs.
