Le sel & la mortalité chez les personnes âgées
Une nouvelle étude parue dans JAMA Internal Medicine suggère que le sodium alimentaire n’est pas associé au risque de maladies cardiovasculaires, d’insuffisance cardiaque et de mortalité à 10 ans, chez des personnes âgées. Des apports alimentaires en sodium élevés sont associés à certains facteurs de risque de maladie cardiovasculaire ou d’insuffisance cardiaque, particulièrement la tension artérielle élevée mais aussi l’hypertrophie ventriculaire gauche, la détérioration de la fonction rénale et l’augmentation de la rigidité artérielle. Par conséquent, limiter les apports en sodium pourrait représenter une intervention importante pour diminuer le risque de maladie cardiovasculaire ou d’insuffisance cardiaque.
« En tenant compte des effets de la réduction du sodium alimentaire sur la pression artérielle et en considérant les niveaux actuels de consommation de sel, des chercheurs ont, par projection, suggéré qu’un contrôle strict des apports en sodium aurait des bénéfices importants sur le risque de maladie » expliquent les auteurs de l’étude. « Cette projection est basée sur une extrapolation à partir d’apports en sodium élevés, plus de 3000 mg/jour et ne prend pas en compte l’effet neutre ou bénéfique sur d’autres facteurs de risque ». Les auteurs expliquent en effet, qu’un contrôle strict des apports en sodium peut impacter défavorablement la résistance à l’insuline, le niveau de lipides sanguins et l’activité neuro-hormonale, des facteurs qui prédisposent aux maladies cardiovasculaire et à l’insuffisance cardiaque.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont regardé l’association entre les apports alimentaires en sodium et le risque de maladie cardiovasculaire, d’insuffisance cardiaque et de mortalité dans une population de personnes âgées. Les participants – 2.642 hommes et femmes âgés en moyenne de 74 ans- appartiennent à la Health, Aging, and Body Composition (Health ABC) Study. Ils ont répondu à un questionnaire alimentaire pour évaluer leurs apports alimentaires en sodium. Ils ont ensuite été classés en 3 groupes : moins de 1.500 mg/jour (291 participants), 1.500 à 2.300 mg/jour (779 participants) et plus de 2.300 mg/jour (1.572 participants).
Après 10 ans de suivi, 881 participants sont morts, 572 ont subi un incident cardiovasculaire et 398 une insuffisance cardiaque.
Les résultats montrent que les apports alimentaires en sodium ne sont pas associés à la mortalité sur une période de 10 ans. Ceux qui consomment plus de 2.300 mg/jour de sodium ne présentent pas une augmentation significative du risque de mortalité, par rapport au groupe qui consomme entre 1.500 et 2.300 mg/jour. Cela signifie également que la mortalité à 10 ans n’est pas significativement plus faible chez ceux qui consomment moins de 1.500 mg/jour de sodium que chez ceux qui en consomment plus de 2.300 mg/jour.
