Interdiction des acides gras trans

"Les huiles végétales partiellement hydrogénées, principale source diététique des acides gras trans (AGT) artificiels dans la production alimentaire industrielle, ne sont pas généralement jugées sûres pour être utilisées dans la nourriture humaine", a expliqué l'Agence américaine de réglementation des produits alimentaires et des médicaments (FDA). Les acides gras trans, s’ils peuvent exister à l’état naturel (on en retrouve des traces dans le lait et la viande de ruminants), sont majoritairement produits lors du processus d’hydrogénation des huiles, destiné à les solidifier afin d’obtenir la consistance désirée. Ainsi, on retrouve ces AGT dans les plats préparés, biscuits, gâteaux, viennoiseries, etc. S’ils sont traqués à ce point, c’est qu’ils sont particulièrement délétères pour la santé cardiovasculaire car ils augmentent le taux mauvais cholestérol (LDL) au détriment du bon.
Très peu médiatisés en France, ils sont scrutés de près au pays de l’Oncle Sam où cette mesure était très attendue. Depuis 2006 déjà, les industries alimentaires étaient tenues d'indiquer sur les étiquettes de leurs produits la présence d’AGT. Grâce à cette réglementation et à la reformulation des produits, la consommation de ces graisses a diminué d'environ 78% de 2003 à 2012, passant de 4,6 grammes par jour à environ 1 gramme par jour, selon la FDA. D’ailleurs, pour l’agence, c’est bien la preuve que les chaînes de distribution alimentaire et des fabricants peuvent fabriquer leurs produits sans AGT, relève l'Agence. Et en 2008, ce fût au tour de l’ex-maire de New-York, Michael Bloomberg, d’interdire ces mauvaises graisses des restaurants de sa ville. "Cette décision de la FDA sur cette source majeure de graisse artificielle montre l'engagement de l'agence à protéger la santé cardiaque de tous les Américains", a fait valoir le Dr Stephen Ostroff, son directeur par intérim. "Cette mesure devrait réduire les maladies coronariennes et prévenir des milliers de crises cardiaques chaque année", a-t-il souligné.
"Des études montrent que la nutrition joue un rôle clé pour la prévention des problèmes de santé chroniques tels que les maladies cardiovasculaires. La décision de la FDA s'ajoute à d'autres initiatives pour améliorer la santé des Américains, comme une récente mise à jour des labels de nutrition sur les produits alimentaires", a relevé Susan Mayne, directrice du centre de sûreté alimentaire et de la nutrition de la FDA.
Plusieurs organisations de défense des consommateurs ont applaudi la décision de la FDA. Elle "signifie des aliments plus sains, moins de crises cardiaques et de décès cardio-vascualaires, ce qui est une victoire majeure pour la santé publique", a déclaré le président du Center for Science in the Public Interest, Michael Jacobson.