Le pruneau et le colon

Des chercheurs de l'A&M University de Boston (États-Unis) et de l'université de Caroline du Nord (États-Unis) se sont basés sur des recherches préexistantes et qui montrent comment un régime peut modifier le métabolisme et la composition du microbiote du côlon (l'ensemble des bactéries présentes dans le côlon et le tube digestif). Selon le Dr Nancy Turner, parmi les milliards de bactéries gastro-intestinales colonisant notre appareil digestif, plus de 400 espèces individuelles ont déjà pu être identifiées.
Les chercheurs ont soumis des rats à un régime alimentaire témoin ou à base de prunes séchées. Après avoir examiné le contenu intestinal et les tissus de différents segments du côlon des rongeurs, les chercheurs ont constaté que le régime à base de prunes séchées avait augmenté la quantité de bactéroidetes et réduit celle de firmicutes, les deux principales lignées de bactéries de l'intestin dans le côlon distal, sans modifier les proportions trouvées dans le côlon proximal. Les animaux soumis au régime de contrôle témoin avaient, à l'inverse, une plus faible proportion de bacteroidetes et une plus importante quantité de firmicutes. Les rats ayant mangé des prunes présentaient également moins de foyers de diverticules anormaux. Or, ces foyers sont généralement observés lors de lésions pré-cancéreuses, relatent les chercheurs.
Pour les scientifiques, la baisse des foyers de diverticulite anormaux associée à l'inversion du ratio de bactérioidetes et de firmicutes rejoint leur hypothèse selon laquelle les prunes séchées protégeraient d'un risque de cancer du côlon. Un phénomène qui peut être dû à "leur capacité à établir des compositions de microbiote du côlon bénéfiques et similaires dans le côlon distal", conclut le Dr Turner.