Le diabète et la vitamine D
Le rôle de la vitamine D dans le risque de maladies chroniques y compris le diabète de type 2 a déjà été évoqué dans des recherches antérieures. Une nouvelle étude parue dans la revue International Journal of Medical Sciences apporte de nouvelles preuves de l’association qui existe entre de faibles niveaux de vitamine D et la prévalence du diabète chez des adultes à la cinquantaine. « La prévalence globale du déficit en vitamine D est estimée de 30 à 87% » expliquent les auteurs. Un déficit en vitamine D est défini dans cette étude par un niveau sanguin de 25-hydroxyvitamine D inférieur à 20ng/ml, un déficit sévère correspond quant à lui à une concentration inférieure à 10 ng/ml. « Au cours des 40 dernières années, des études d’observation ont lié le déficit en vitamine D au développement des maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le diabète ».
« Mais alors que des directives nationales et internationales ont été élaborées pour assurer une bonne homéostasie calcique, peu évoquent l’importance du maintien du statut en vitamine D comme un moyen de prévention des maladies chroniques en raison de preuves scientifiques limitées pour un lien de causalité » disent les auteurs. La prévalence du diabète a augmenté dans les pays industrialisés et les scientifiques pensent qu’elle pourrait atteindre 4,4% à travers le monde en 2030. L’âge moyen du diagnostic a également diminué passant de 52 à 46 ans entre 1988 et 2000. « La prévention du diabète est aujourd’hui une priorité de santé publique dans de nombreux pays du monde ».
Les chercheurs expliquent que le déficit en vitamine D a été impliqué dans la pathogénèse du diabète mais certaines études ont remis cette association en question. Plusieurs explications peuvent être avancées : des tailles d’échantillon trop petites pour détecter l’association et des populations âgées et/ou atteintes de maladies chroniques. « Peu d’études ont porté sur des participants adultes en bonne santé, comme des populations de travailleurs ».
Les chercheurs ont donc étudié le lien entre vitamine D et diabète chez 2.056 travailleurs appartenant à une société d’ingénierie en Allemagne (Mannheim Industrial Cohort Study MICS) et âgés d’au moins 45 ans (52 ans en moyenne). Chaque participant a répondu à un questionnaire comprenant 25 questions notamment : âge, niveau dans l’entreprise, antécédents médicaux, stress, consommation d’alcool, tabagisme, activité physique. Des échantillons de sang ont été recueillis pour déterminer le statut en vitamine D, la glycémie à jeun et le taux d'hémoglobine glycosylée (HbA1c), une mesure permettant de connaître la stabilité du taux de sucre sanguin moyen sur les trois mois précédents.
Les résultats montrent que 111 participants (6%) souffrent de diabète, 13% des participants présentent un déficit sévère en vitamine D et 33% un déficit modéré. Les chercheurs ont trouvé une association négative entre la glycémie à jeûn et le taux d’hémoglobine glycosylée d’une part et le niveau de vitamine D d’autre part. Par rapport à ceux qui ont un niveau de vitamine D suffisant, ceux qui présentent déficit ou insuffisance en vitamine D ont un risque plus élevé de développer un diabète de type 2. Par exemple ceux, qui ont un déficit sévère en vitamine D ont un risque qui est plus que doublé par rapport à ceux qui ont un statut en vitamine D suffisant.
