Les bienfaits du miel

Il y a des milliers d'années, les égyptiens utilisaient déjà le miel en médecine. Les premières mentions du miel dans le traitement des plaies remonteraient à un papyrus égyptien écrit entre 2.600 et 2.200 avant JC : le papyrus Edwin Smith. Des coutumes médicales ayurvédiques, chinoises et romaines l’utilisent aussi dans le soin des plaies. Hippocrate le cite comme ingrédient de nombreux onguents. Mais il aura fallu attendre l'avancée des techniques modernes pour en comprendre toute l'efficacité réelle. Le miel est un mélange visqueux, saturé en sucres, il est dérivé du nectar cueilli et modifié par les abeilles Apis mellifera. Il contient environ 30 % de glucose, 40 % de fructose, 5 % de saccharose et 20 % d’eau, ainsi que d’autres molécules : acides aminés, vitamines, minéraux, enzymes. En raison de son pouvoir sucrant, le miel peut représenter une alternative au sucre blanc ; du fait de la présence de fructose, il élève moins la glycémie que le glucose ou le saccharose. Et ce fructose ne se comporte pas non plus comme le fructose ajouté aux aliments industriels car il est accompagné d'antioxydants.
D’après une communication présentée au 247e meeting national de l’American Chemical Society, le miel serait efficace pour combattre les infections bactériennes, en évitant les résistances. Dans cette communication, Susan Meschwitz, de l'université Salve Regina (Newport, Rhode Island) décrit les propriétés du miel qui en font un aliment utile pour combattre les infections. Avec son équipe de recherche, elle a effectué des tests pour évaluer les propriétés antioxydantes du miel : « Nous avons séparé et identifié les différents composés polyphénols antioxydants.» Les chercheurs ont aussi testé les propriétés antibactériennes du miel contre les bactéries E. coli, Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa, parmi d’autres.
L’avantage du miel, contrairement aux antibiotiques, est qu’il agit sur plusieurs fronts en même temps, ce qui rend plus difficile l’apparition de résistances. C'est toute la différence avec les antibiotiques modernes qui ciblent uniquement la croissance bactérienne, ce qui conduit à l'apparition de résistances. A l'inverse, le miel dispose de toute une batterie d'armes pour éliminer les bactéries : les peroxydes d’hydrogène, l’acidité, l’effet osmotique, la forte concentration en sucre et les polyphénols. Par exemple, l’effet osmotique dû à la forte concentration de sucre conduit la bactérie à se vider de son eau : cette déshydratation excessive lui est fatale. Le miel pourrait aussi agir en perturbant le « quorum sensing » bactérien, un système de communication entre bactéries qui leur permet d’évaluer leur densité de population. Les chercheurs ont trouvé que le miel évite aussi la formation des biofilms, qui sont des assemblages de communautés microbiennes. L’efficacité du miel tient aussi au fait qu’il est riche en polyphénols, antioxydants, acides phénoliques, acide caféique, acide p-coumarique, acide ellagique, flavonoïdes. Les composés phénoliques présents dans le miel sont liés à ses activités anti-microbiennes et antioxydantes.