Les atouts du brocoli
Le brocoli est un légume crucifère qui contient de nombreux composés intéressants pour notre santé : vitamine C, antioxydants, glucosinolates. Lorsque l’on croque les brocolis, les glucosinolates sont transformés par l'enzyme myrosinase en isothiocyanates – dont le sulforaphane. Les isothiocyanates sont surtout connus pour leurs effets anti-toxiques et antioxydants : ils inhibent des enzymes qui peuvent transformer des composés de l’alimentation en substances toxiques et cancérogènes et dans le même temps, stimulent des enzymes chargés de neutraliser et éliminer ces substances (avec à la clé un effet antioxydant). Grâce à sa composition et notamment sa teneur en sulforaphane, le brocoli présente de nombreux atouts.
Les études épidémiologiques montrent que la consommation régulière de légumes crucifères, comme le brocoli (3 à 5 fois par semaine), diminue le risque d’un certain nombre de cancers notamment du sein, de la prostate et du côlon. En fait, les propriétés anticancer des légumes semblent en large partie due à la seule famille des crucifères. Des chercheurs de l'université de l'Illinois ont aussi rapporté que, chez des souris, la consommation quotidienne de brocolis permet également de protéger de la stéatose hépatique non alcoolique et du cancer du foie. Le régime occidental riche en sucres est associée à une accumulation accrue de graisses corporelles qui elle-même augmente le risque de stéatose hépatique non alcoolique. Sans traitement la stéatose hépatique non alcoolique peut évoluer vers un cancer du foie.
Des études antérieures ont également montré que le brocoli permettait de diminuer l’accumulation de triglycérides dans le foie de souris soumises à une alimentations riches en graisses et en sucres, suggérant que ce légume pourrait protéger de la stéatose hépatique non alcoolique. Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont émis l’hypothèse que la consommation à long terme de brocolis pourrait aider à réguler le métabolisme lipidique hépatique et donc diminuer l’incidence de la stéatose hépatique non alcoolique. Ils ont également supposé que les brocolis pourraient limiter voire empêcher la formation de tumeur au foie induite par un cancérigène le diéthylnitrosamine. Les chercheurs ont mené une expérience sur des souris âgées de 5 semaines auxquelles ils ont donné soit un régime alimentaire riche en graisses et en sucres soit un régime de contrôle, avec ou sans brocolis. Une semaine après le début de l’expérience, ils ont traité les souris avec du diéthylnitrosamine une fois par semaine. Les résultats montrent que les souris qui suivent un régime occidental riche en graisses et en sucres présentent des nodules cancéreux dans le foie plus nombreux et de taille plus importante que les souris du groupe de contrôle. Mais lorsque des brocolis sont ajoutés au régime alimentaire le nombre de nodules diminue. De plus, les brocolis permettent de diminuer l’absorption des graisses au niveau du foie.
Une étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences montre que chez des jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme, le sulforaphane permet d’améliorer certains troubles du comportement liés à la maladie, comme l’interaction sociale et la communication verbale. Dans cette étude, les chercheurs ont administré quotidiennement pendant 18 semaines et par voie orale du sulforaphane, issu de brocolis, à 29 jeunes hommes (13 à 27 ans) atteints de troubles du spectre de l’autisme. Le groupe de contrôle (15 participants) a reçu un placebo. Au bout de 4 semaines de traitement par le sulforaphane, des améliorations apparaissent déjà et continuent d’augmenter jusqu’à la fin de l’intervention. Après 18 semaines de traitement, les tests passés par les participants montrent une amélioration comportementale notamment sur des paramètres tels que la léthargie, l’irritabilité, l’hyperactivité, la communication et la motivation. Les chercheurs ont noté qu’après l’arrêt du traitement avec le sulforaphane, les scores obtenus aux tests ont tendance à revenir à leur niveau initial (avant l’intervention).
Dans le groupe qui a pris du sulforaphane, après 18 semaines de traitement, les chercheurs ont remarqué une nette amélioration au niveau de l’interaction sociale pour 46% d’entre eux, au niveau des comportements aberrants pour 54% d'entre eux et au niveau de la communication verbale pour 42% d'entre eux.
