A la découverte des pommes de terre

En France, le Programme national nutrition santé (PNNS) encourage la consommation de glucides sous forme de féculents, comme les pommes de terre. Certaines recommandations officielles américaines, telles celles prodiguées dans le guide national MyPlate, les considèrent comme un aliment sain. Les pommes de terre apportent certes du potassium, de la vitamine C, de la vitamine B6, mais il existe des sources plus intéressantes : les brocolis apportent 9 fois plus de vitamine C, les haricots deux fois plus de potassium.
Le problème des pommes de terre, c'est leur amidon très digeste qui leur donne un index glycémique et une charge glycémique généralement élevés (sauf quelques variétés). Par exemple, 200 grammes de pommes de terre cuites ont à peu près le même effet sur le sucre sanguin qu'une canette de Coca Cola. À terme, un régime riche en pommes de terre et d'autres glucides rapidement digérés peut contribuer au surpoids, au diabète et aux maladies cardiovasculaires.
Avec leur index glycémique élevé, les pommes de terre sont associées à un risque accru de diabète de type 2. Ceci a été confirmé dans une étude américaine parue en décembre 2015 dans Diabetes Care. Dans cette étude, les chercheurs de Harvard ont utilisé plusieurs cohortes américaines comprenant : 70.773 femmes de la Nurses’Health Study, 87.739 femmes de la Nurses’Health Study et 40.669 hommes de la Health professioals Follow-Up Study. Les participants n’avaient pas de diabète, de maladie cardiovasculaire ou de cancer au démarrage de l’étude.
Les participants qui mangeaient le plus de pommes de terre cuites sous différentes formes (en purée, en frites, à l’eau…) avaient un risque de diabète de type 2 significativement plus élevé. Ceux qui mangeaient deux à quatre portions par semaine augmentaient leur risque de 7 % et ceux qui en mangeaient plus de sept fois par semaine l’augmentaient de 33 %, par rapport à ceux qui en mangeaient moins d’une fois par semaine. Les frites étaient celles qui augmentaient le plus le risque de diabète. En remplaçant trois portions de pommes de terre par des céréales complètes le risque de diabète de type 2 diminuait de 12 %.
Isao Muraki, principal auteur de cette étude, en conclut : « Bien que les pommes de terre soient considérées comme un légume dans la US Guideline of Healthy Eating, les pommes de terre ne doivent pas être considérées comme un élément clé d'un régime alimentaire sain. » De plus, quand les pommes de terre sont servies chaudes, leur amidon est plus facilement digéré ce qui augmente les niveaux de glucose sanguin plus rapidement.