Le zinc et le cadmium

Le cadmium a des effets négatifs sur le tissu rénal et une exposition excessive est associée à un risque accru de plusieurs cancers. Une nouvelle étude parue dans le Journal of Nutrition rapporte que le zinc pourrait aider à contrer les effets négatifs du cadmium. En effet, les chercheurs ont remarqué que ceux qui ont les apports totaux en zinc les plus élevés ont les plus faibles concentrations en cadmium dans le sang et l’urine.
« Le cadmium est un métal de transition, chimiquement similaire au zinc. Cependant, contrairement au zinc, le cadmium n’a pas de fonction biologique essentielle connue chez l’homme. Il est utilisé et produit dans divers procédés industriels, déposé dans les sols, absorbé et accumulé au niveau des plantes » expliquent les auteurs. L’alimentation représente donc une source d’exposition au cadmium, environ 30 µg/jour. L’exposition quotidienne est généralement peu élevée mais le corps humain n’a pas les moyens d’éliminer les excès de cadmium. Ce problème est en partie aggravé par sa similarité avec le zinc. « Comme le zinc, le cadmium induit l’expression de la métallothionéine et se lie à cette protéine et c’est cette affinité qui explique sa toxicité et sa faible excrétion ». Si l’exposition dépasse les capacités de la métallothionéine à lier le cadmium, la concentration de cadmium libre augmente et le métal devient alors toxique.
Il existe des preuves que la toxicité du cadmium est liée à son interférence avec le métabolisme du zinc. « Bien que l’on pense que les apports en zinc peuvent éventuellement modifier les effets de l’exposition au cadmium, aucune étude n’a, à notre connaissance, étudié l’association entre les apports en zinc et l’exposition au cadmium dans la population américaine » disent les auteurs. Le zinc est naturellement présent dans les aliments riches en protéines comme la viande et les crustacés, les huitres étant particulièrement riches en zinc
Les chercheurs ont utilisé les données de l’étude National Health and Nutrition Examination Survey menée entre 2003 et 2012. Les participants âgés d’au moins 20 ans au moment de l’enquête ont répondu à des questionnaires alimentaires. Des échantillons de sang et d’urine ont été recueillis. Les concentrations de cadmium dans l’urine et dans le sang ont été déterminées pour environ 6.500 participants. Les apports en zinc – issus de l’alimentation et/ou de suppléments- ont été déterminés pour 1 195 participants. « Bien que le cadmium ait tendance à se concentrer dans le foie et dans le rein, la concentration sanguine est un bon indicateur de l’exposition récente et la concentration urinaire correspond bien à l’exposition cumulée et la charge corporelle totale ».
Les résultats montrent que les participants qui ont les apports totaux en zinc les plus élevés ont les plus faibles concentrations en cadmium dans l’urine. Les doses de suppléments de zinc ainsi que la durée de la supplémentation sont inversement associés à la concentration de cadmium dans le sang.