La vitamine D et la sclérose en plaques

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire s’attaque à la gaine de myéline des neurones. La SEP touche entre 60.000 et 75.000 français, avec 4.000 nouveaux cas chaque année. Cette maladie neurologique progressive, invalidante, atteint de jeunes adultes. Les facteurs déclencheurs de la maladie sont toujours débattus ; parce qu’elle touche surtout le monde occidental, des causes environnementales et alimentaires sont parfois évoquées. Différentes études se sont intéressées au lien entre vitamine D et sclérose en plaques et montrent toute l'importance d'avoir un statut adéquat en vitamine D quand on est atteint. Cela passe par l'exposition obligatoire au soleil d'avril à octobre dans l'hémisphère nord, et la prise de vitamine D3, prescrite par le médecin sur la base des taux sanguins, le reste de l'année.
Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv et parue dans Autoimmunity Reviews suggère que l’obésité et le manque de vitamine D jouent un rôle important dans le déclenchement et la progression des maladies auto-immunes comme la SEP. Dans les dernières décennies, les maladies auto-immunes ont connu une augmentation très importante dans les pays occidentaux. L’implication de facteurs environnementaux pourrait expliquer cette hausse. «De nombreux facteurs sont associés au risque de maladies auto-immunes -les infections, le tabagisme, les pesticides, le manque de vitamines. Mais depuis quelques années, l’obésité est également pointée du doigt » dit le Pr Yehuda Shoenfeld.
Plusieurs maladies auto-immunes sont associées à de faibles niveaux de vitamine D. Le Pr Shoenfeld a mené une étude sur des souris atteintes de scléroses en plaques et nourries avec un régime méditerranéen riche en acides gras insaturés. Il a constaté que la carence en vitamine D était une conséquence de l’obésité et qu’une fois corrigée, la paralysie et la détérioration des reins associées à la pathologie étaient améliorées. Le pronostic et la survie des souris étaient aussi améliorés.
Une étude de 2012 montre que la vitamine D pourrait aider les personnes atteintes de la forme récurrente-rémittente de la maladie. Dans cette étude, plus de 150 patients ont pris de la vitamine D3 (en moyenne 3.010 UI par jour) conjointement au traitement immunomodulateur (acétate de glatiramère, interféron béta 1a ou interféron béta 1b). Le taux de vitamine D dans le sang des participants a été multiplié en moyenne par deux pour atteindre plus de 40 ng/mL, une valeur considérée comme normale. Les chercheurs ont alors constaté que les personnes dont le taux de vitamine D avait bien augmenté avaient moins de risque de rechute. Chaque augmentation de 4 ng/mL du taux de vitamine D dans le sang diminue le risque de rechute de 13,7 %, une différence très significative. Toutefois le bénéfice ne semble pas s'accentuer au-delà de 40 ng/mL. Les chercheurs concluent que ces données confirment de précédentes études qui sont arrivées à la même conclusion et tout ceci sans aucun effet secondaire.