Le café et le thé protègent du cancer

Thé et café sont les boissons chaudes les plus bues au monde et présentent de nombreux bénéfices pour la santé. Mais sont-ils cancérogènes ou protecteurs vis-à-vis du cancer ?
La consommation de café n'augmente pas globalement le risque de cancer, ce qui est rassurant. Les études ne trouvent pas d'association avec les cancers de l'œsophage, du pancréas, du rein, de la prostate, des ovaires et de la peau. En revanche, des études ont trouvé un risque réduit chez les consommateurs de café pour les cancers de l'oropharynx, du foie, du cerveau, du côlon et du rectum. Les données sur les cancers de l'estomac, de l'endomètre et du sein sont contradictoires. Et il est possible qu'une forte consommation de café augmente les risques de cancers du poumon et de la vessie, mais cette relation pourrait s'expliquer par le fait que dans ces études, les personnes concernées étaient souvent fumeuses et consommaient de l'alcool.
Le café torréfié est un mélange complexe de plus de 1000 composés. C'est la principale source de caféine, une substance qui possède la capacité de stimuler ou d'inhiber les tumeurs, selon les espèces sur lesquelles elle a été testée et selon la phase au cours de laquelle elle est administrée. Le café contient aussi des diterpènes (cafestol et kawheal) qui stimulent des enzymes chargées de détoxifier et éliminer les substances cancérogènes, et inhibent des enzymes qui peuvent rendre cancérogènes des substances de l'environnement. Et bien sûr le café contient des polyphénols antioxydants : phytoestrogènes (lignanes), flavonoïdes, autres polyphénols. Ces substances ont des propriétés anticancer, notamment l'acide caféique et l'acide chlorogénique. L'acide chlorogénique améliore la sensibilité à l'insuline, ce qui contribuerait indirectement à réduire le risque de cancer.
Plus de 50 études épidémiologiques, mais aussi des essais cliniques ont été publiés sur les relations entre thé et cancer depuis 2006. Prises collectivement, les études suggèrent que la consommation de thé diminue les risques de cancers du côlon, du sein, de la prostate et du poumon. Le thé contient des polyphénols, des alcaloïdes (comme le café : caféine, théophylline, théobromine), de la chlorophylle. Dans des essais cliniques on a évalué l'efficacité d'extraits de thé riches en EGCG (500 à 1000 mg/j) sur des lésions de la cavité buccale, avec des résultats contrastés : une étude a trouvé un bénéfice, l'autre n'a pas trouvé de différence avec le placebo. Les données sont tout aussi difficiles à interpréter dans le cas du cancer de la prostate : avec un bénéfice dans une étude, et aucun bénéfice dans une autre.
D'autres études ont testé les effets du thé vert ou du thé noir sur le niveau de 8-hydroxydéoxyguanosine (8-OHdG), un marqueur des atteintes oxydatives de l'ADN qui peut prédire le risque de cancer. Chez les buveurs de thé vert, le niveau de 8-OHdG a diminué significativement, mais pas chez les buveurs de thé noir. Les suppléments d'EGCG ont également permis de diminuer le niveau de ces atteintes oxydatives dans une étude chez des volontaires à risque élevé de cancer du foie.