Les bienfaits de la grenade

La grenade est un fruit originaire d’Asie, contenant des petites graines rouges, qui peut être consommée telle quelle ou sous forme de jus. Elle exerce une action neuroprotectrice contre la maladie d’Alzheimer et préviendrait le vieillissement cérébral. Le fruit est connu pour ses propriétés anti-inflammatoires, anti-âge et antioxydantes. La grenade contient un polyphénol, l’ellagitanine dont les bactéries de la flore intestinale se servent pour fabriquer des molécules appelées urolithines. Ce sont ces urolithines qui expliqueraient les bienfaits de ce fruit. Mais comment agissent les urolithines, et donc la grenade ?
L’urolithine A est un composé naturellement produit dans l’intestin quand une molécule de la grenade de la famille des ellagitannines est digérée par les bactéries de la flore intestinale. Quand le précurseur de l’urolithine A est présent dans l’intestin, il se rompt en acide ellagique qui est ensuite transformé par les bactéries intestinales pour donner de l’urolithine A. Une équipe de l’école polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) a testé l’urolithine A chez le ver nématode Caenorhabditis elegans. Il s’agit d’un organisme modèle très utile pour étudier le vieillissement cellulaire car à 8-10 jours il est déjà âgé. Résultats : lorsque les vers sont exposés à l’urolithine A, ils vivent environ 45 % plus longtemps. L’équipe a aussi observé que l’urolithine A empêche l’accumulation de mitochondries défectueuses quand le ver vieillit.
Lors du vieillissement, les mitochondries (les usines énergétiques des cellules) deviennent défaillantes. Un processus, appelé mitophagie, recycle des mitochondries usagées. Si les mitochondries usées ne sont pas recyclées, elles peuvent causer des problèmes dans les cellules, notamment au niveau des muscles qui peuvent s’affaiblir. Il existe des preuves montrant que des mitochondries usagées jouent un rôle dans des maladies liées au vieillissement comme la maladie de Parkinson. Les chercheurs suisses ont ensuite répété leurs expériences chez des rongeurs et trouvé que l’urolithine A conduisait à une réduction significative des mitochondries défectueuses. De plus, les souris âgées (2 ans) avaient une meilleure endurance que des souris témoins (à 42 % supérieure). Dans d’autres tests chez de jeunes rats, l’urolithine améliorait la capacité physique. L’urolithine A restaure donc la mitophagie. Pour un des auteurs, Patrick Aebischer, professeur de neuroscience, l’urolithine A « est la seule molécule connue qui peut relancer le processus de nettoyage mitochondrial, aussi connu comme mitophagie. C’est une substance tout à fait naturelle, et son effet est puissant et mesurable. » D’après Chris Rinsch, un autre auteur de l’étude, « des précurseurs de l’urolithine A se trouvent non seulement dans les grenades, mais aussi en petites quantités dans beaucoup de noix et de baies. »