Quel lien entre boissons sucrées et dépression ?

Une étude récente suggère que la consommation régulière de boissons sucrées pourrait être liée à l’apparition de symptômes dépressifs, en particulier chez les femmes. Longtemps critiqués pour leur rôle dans la prise de poids et les caries, les sodas pourraient donc également influencer notre santé mentale. Des chercheurs allemands se sont intéressés au rôle du microbiote intestinal, en se concentrant sur deux bactéries spécifiques : Eggerthella et Hungatella. La première est associée à certaines maladies inflammatoires, tandis que la seconde pourrait augmenter le risque de cancer colorectal. Ces bactéries avaient déjà été repérées en plus grande quantité chez des personnes souffrant de dépression.
Pour explorer ce lien, les scientifiques ont analysé les selles de 405 patients dépressifs âgés de 18 à 65 ans, majoritairement des femmes, et les ont comparées à celles de 527 individus non dépressifs. Les participants devaient également noter quotidiennement leur consommation de sodas et évaluer leur niveau de dépression selon l’échelle de Beck. Les résultats ont montré qu’une consommation plus élevée de boissons sucrées était corrélée à des symptômes dépressifs plus importants et à une présence accrue de la bactérie Eggerthella, mais uniquement chez les femmes.
Plusieurs mécanismes pourraient expliquer ce lien. Les sodas, notamment ultra-transformés, favorisent un état inflammatoire léger et perturbent le microbiote intestinal, deux facteurs impliqués dans les troubles de l’humeur. Les boissons light contenant des édulcorants pourraient aussi modifier indirectement la flore intestinale ou certaines voies neuronales liées au plaisir et à la satiété. Il est toutefois important de souligner que cette étude ne prouve pas une relation de cause à effet. Les sodas ne sont pas responsables de la dépression en eux-mêmes, mais peuvent constituer un facteur de risque parmi d’autres. Le mode de vie, l’alimentation globale, l’activité physique et les vulnérabilités individuelles jouent un rôle central dans la santé mentale. Il est aussi possible que la consommation de sodas reflète un comportement de recherche de réconfort lors de périodes de baisse de moral, rendant difficile de déterminer si ces boissons sont causes ou conséquences d’un état dépressif.
En résumé, limiter les sodas reste une bonne pratique pour la santé physique et pourrait également contribuer au bien-être mental, en particulier chez les femmes sensibles aux déséquilibres du microbiote.