Les édulcorants et les risques pour la santé

Pour éviter de consommer trop de sucre et de calories, qui n'a pas craqué pour des aliments contenant des édulcorants, principalement de l'aspartame? Ce succédané de sucre présent dans plus de 6000 produits est cependant régulièrement pointé du doigt pour ses effets nocifs sur la santé. Alors faut-il s'en méfier et le bannir de notre assiette? La plupart des spécialistes se montrent rassurants.
Aujourd'hui, la dose journalière admissible d'aspartame est de 40 mg par kilo de poids corporel. Pour atteindre cette dose, un adulte pesant environ 60 kg devrait boire jusqu'à 36 cannettes de 330 ml de soda light tous les jours. Cette DJA est en cours de réévaluation au niveau européen. Le verdict est attendu pour mai 2013.
«Les édulcorants dits intenses et notamment l'aspartame ont fait l'objet de nombreuses études toxicologiques, notamment pour le risque cancérigène. À court et moyen terme, il n'y a pas de risques», souligne le Pr Joelle Goudable, enseignante à l'université de Lyon.

«Nous pouvons dire qu'il n'existe pas de problème sécuritaire majeur avec l'aspartame», surenchérit le Pr Ambroise Martin, professeur de nutrition à Lyon et expert auprès des agences françaises et européenne de sécurité sanitaire alimentaire. Cet additif alimentaire n'en demeure pas moins sous observation avec l'ensemble des édulcorants. «Depuis trente ans, rien n'a été démontré. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut cesser de surveiller d'éventuels effets toxiques sur le long terme», insiste Joelle Goudable.
Pour le Pr Laurent Chevallier, consultant en nutrition et membre du réseau environnement santé,le doute persiste. C'est pourquoi, selon lui, il est urgent de revoir scientifiquement les doses journalières admissibles (DJA) de l'aspartame : «Cette dose journalière est fondée, selon les rapports officiels, sur les résultats d'études dont certaines datent de plus de trente ans, avant la mise en place des bonnes pratiques de laboratoires et surtout n'ont jamais été publiées dans des revues scientifiques, donc non soumises à comité de lecture, ce qui leur donne de facto un faible intérêt sur le plan scientifique.»