Scandale de la viande de cheval…. La suite

Pour le moment, l’affaire de la viande de cheval jetait la lumière sur les insuffisances de la traçabilité de la viande à l'échelle européenne sans pour autant devenir une crise de santé publique... jusqu’à l’annonce du ministre britannique de l'Agriculture, David Heath. Devant l’ensemble des députés, il a dévoilé que des traces de phénylbutazone avaient été détectées dans huit carcasses testées au Royaume-Uni et que six d'entre elles seraient peut-être entrées dans la chaîne alimentaire française.

Car si manger de la viande de cheval n’est pas censé être dangereux pour la santé, que penser de viande enrichie en phénylbutazone ? Cet anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) est normalement utilisé comme anti-douleur chez les chevaux, en particulier pour traiter les douleurs musculaires. Une fois traités, ces animaux n’ont plus le droit d’être intégrés à la chaîne alimentaire, devenant impropres à la consommation humaine. Encore une fois, force est de constater qu'une pratique illégale est à l'origine de ce problème.
Jusqu'en 2012, cet antidouleur pouvait être prescrit chez l’homme mais il a été retiré de la vente en 2012. Deux formulations étaient disponibles : Butazolidine, sous forme de comprimés (Novartis Pharma Sa) et Dextarine phenylbutazone, pommade commercialisée par Sanofi pour soulager les tendinites. En 2011, la Haute autorité de santé publiait un avis sur ce dernier "défavorable au maintien de l'inscription sur la liste des spécialités remboursables aux assurés sociaux dans l’indication et la posologie de l’autorisation de mise sur le marché". Ce même avis fait état d'un "service médical insuffisant" au regard d’une "efficacité non établie" et de nombreux effets indésirables pouvant survenir comme des troubles hématologiques, hépatiques et digestifs.

Chez le cheval, par contre, la phenylbutazone est utilisée par voie orale pour traiter les fourbures, maladies des sabots. Mais puisque le médicament vétérinaire Equipalazone ne doit pas être administré aux chevaux destinés à la consommation humaine, aucune valeur seuil, ou "limite maximale de résidus" (comme il en existe pour les pesticides par exemple) n’a logiquement été établie pour cette substance. Aujourd'hui, les autorités britanniques se veulent rassurantes. "La viande de cheval contenant de la phenylbutazone présente peu de risque pour la santé humaine. (…) Aux niveaux détectés, une personne devrait manger entre 500 et 600 hamburgers composés à 100 % de viande de cheval par jour pour approcher la dose quotidienne limite pour l’homme" a déclaré Dame Sally Davies, médecin chef au ministère de la santé britannique.