La flore intestinale

Depuis quelques années, de nombreux scientifiques s’attellent à mieux comprendre le microbiote, cet ensemble de cent mille milliards de bactéries digestives, également appelé flore intestinale. Si l’on sait que la flore intestinale remplit 4 grandes fonctions principales (la dégradation de composés d'origine alimentaire (les fibres par exemple), la production de vitamines (K, B12, B8…), le développement du tube digestif et surtout la défense immunitaire), elle serait également impliquée dans d’autres processus physiologiques, notamment concernant la prise de poids.
Aussi les chercheurs de l'université de Harvard ont cherché à connaitre l’effet d’un pontage gastrique (opération de plus en plus utilisée pour traiter l’obésité dont l’objectif est de réduire la taille de l’estomac) sur le microbiote. Pour ce faire, ils ont transféré les microbes intestinaux de souris ayant subi un pontage gastrique dans l'intestin d'autres souris et observé une perte rapide de poids chez ces animaux. D’ailleurs, avant même le transfert, ils avaient constaté d'importants changements dans la flore intestinale des souris opérées.

"Notre étude conduit à penser que les effets spécifiques du pontage gastrique sur la flore intestinale contribuent à sa capacité à provoquer une perte de poids", pointe le Dr Lee Kaplan, directeur de l'Institut sur l'obésité, le métabolisme et la nutrition au Massachusetts General Hospital à Boston, co-auteur.
"Si nous pouvons trouver un moyen de manipuler la flore microbienne intestinale pour créer les mêmes effets, cela ouvrirait la voie à une nouvelle arme contre l'obésité", estime-t-il. "Même si nous parvenions à reproduire partiellement ces effets sur le métabolisme sans intervention chirurgicale, cela nous donnerait une thérapie totalement nouvelle pour traiter l'obésité, un sérieux problème de santé, qui pourrait aider les patients incapables ou ne souhaitant pas subir un pontage gastrique", ajoute le Dr Kaplan, également professeur adjoint de médecine. Pour autant il faudra des années avant que les résultats de cette étude puissent être reproduits chez des humains, avertit le Dr Turbaugh. Cette technique pourrait un jour donner un espoir aux grands obèses, en évitant les risques et le traumatisme d'un pontage gastrique, selon lui.