Le lait et la prostate

Faut-il faire figurer un avertissement sur les bouteilles de lait, les yaourts et les fromages, comme cela existe pour le tabac, afin d’informer la population des risques des laitages à dose élevée, voire même à dose modérée ? La question est ouvertement posée après une nouvelle étude publiée dans l’édition de janvier du Journal of Nutrition confirmant que la consommation de produits laitiers est associée à un risque plus élevé de cancer de la prostate. Cette fois, c’est surtout le lait entier qui est en cause. L’analyse a été conduite par les chercheurs de l’Ecole de santé publique de Harvard, à partir des données issues de l'étude des Professionnels de santé (Physicians' HealthStudy) portant sur 21660 participants.
Par rapport aux hommes qui consommaient moins d’une demi-portion de laitages par jour, ceux qui en consommaient plus de 2,5 avaient un risque de cancer plus élevé de 12%. Le lait écrémé ou demi-écrémé était associé à un risque de cancer localisé, de stade précoce, alors que le lait entier était associé à un risque de cancer fatal, soit un risque accru de 49% pour une quantité supérieure à 237 mL par jour (1 portion). Lorsque la survie est prise en compte, la consommation de lait entier est également associée à un risque de progression vers un cancer fatal multiplié par 2,17.On dispose désormais de très nombreuses preuves, aussi bien épidémiologiques qu’expérimentales, qui incriminent la consommation de laitages dans le cancer de la prostate, en particulier sous ses formes les plus agressives.