Coca-Cola et l’obésité
«L'obésité est un problème récurrent en Amérique du Nord, au Canada et au Québec, a dit Robert Fleury, vice-président de Coca-Cola Canada. C'est la première fois qu'on en parle aussi ouvertement.» Coca-Cola veut utiliser sa «force en marketing» pour informer la population au sujet de l'équilibre à atteindre entre énergie consommée et consumée. «Si vous buvez et mangez plus de calories que vous en dépensez, vous allez prendre du poids», entend-on dans la publicité Unissons-nous, lancée hier. L'entreprise rappelle l'existence de ses mini-canettes de 222 ml et de ses boissons peu caloriques, comme la Vitaminwater Zero, lancée l'an dernier. «C'est notre plus gros succès des quatre dernières années au Canada, dans la catégorie des boissons gazeuses», a indiqué M. Fleury. Cette «opération de charme» a scandalisé Suzie Pellerin, directrice de la Coalition Poids. «L'objectif de Coca-Cola, c'est de détourner le regard de ses produits, a-t-elle dénoncé. Ultimement, c'est de laisser croire que si les gens engraissent, c'est parce qu'ils ne font pas suffisamment d'activité physique.»
Avec une baisse de 1,2% des ventes de boissons gazeuses aux États-Unis en 2012, Coca-Cola n'a peut-être pas le choix de changer de stratégie. «Coca-Cola s'intègre dans un courant social majeur, a observé Sylvain Desrochers, directeur du certificat en publicité à l'Université de Montréal. Je pense que c'est bien de l'avoir fait.» Mais pourquoi ne montrer ni enfant ni adulte en surpoids dans la publicité? «Il y a trop de gens qui essaient de lier obésité et boissons gazeuses, de faire un lien direct, alors qu'il n'y en a pas, a répondu M. Fleury. Depuis 10 ans, le nombre de calories a baissé de 30% pour le même nombre de litres de boissons non alcoolisées vendues au Canada, alors que le taux d'obésité a continué de progresser.»
