Les consommateurs veulent de l'éthique

Selon cette étude réalisée entre le 26 avril et le 2 mai auprès de 1.011 personnes pour le compte du Forum mondial des droits de l'Homme qui se tient du 22 au 25 mai à Nantes, 71% des Français souhaiteraient être mieux informés des conditions de production des produits qu'ils consomment. Cette préoccupation est particulièrement marquée pour l'alimentaire (77%) et l'habillement (62%). Ces chiffres peuvent "faire écho aux différents scandales de la viande de cheval" qui ont révélé un "besoin unanime de plus de traçabilité des aliments", indiquent les auteurs de l'étude.

"Dans un contexte de crise économique sans précédent où prime la recherche des prix les plus bas", c'est donc plutôt la question de la traçabilité des aliments, qui touche directement à la santé des consommateurs, qui prime sur le volet social, conclut l'étude. Par ailleurs, si les Français se déclarent soucieux de développement durable, ils ne sont pourtant que 58% à se déclarer prêts à payer davantage pour le faire respecter, contre 31% qui y sont fermement opposés. Encore une fois, c'est sur l'alimentaire que les sondés sont les plus enclins à faire un effort financier (74%), tandis qu'ils sont beaucoup plus réticents sur les meubles ou l'électronique. Dans tous les cas, l'immense majorité des consommateurs, soucieux de préserver leur pouvoir d'achat, ne consentiront qu'à des hausses de prix limités, ne dépassant pas les 10%. «En réalité, nous sommes ici face à une prise de conscience en construction. Les droits de l'Homme, mais également ceux de la nature et de l'environnement sont des sujets qui préoccupent de plus en plus les Français», mais ce souci est en fait "à deux dimensions, à la fois tourné vers les autres (solidarité avec l'humanité) et vers soi" (souci premier pour sa propre santé/confort), analyse Philippe Jourdan, responsable de Promise Consulting.