La nutrition indispensable à la croissance

La malnutrition tue un enfant innocent toutes les cinq secondes, responsable de la charge mondiale de morbidité à hauteur de 11%. Ce sommet "Nutrition pour la croissance" aborde à juste titre un certain nombre de liens directs entre la nutrition, la productivité, la croissance économique et la stabilité politique. Investir dans la nutrition revient à investir en faveur de générations d’enfants issus de communautés pauvres, et il devra s’agir pour ce sommet de placer les femmes et les mères de famille au centre des solutions proposées. Il convient d’autant plus de s’y atteler que s’opère actuellement un nouveau baby-boom – non pas aux États-Unis ou en Europe, mais bien en Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud-Est. Les enfants qui naîtront ces vingt prochaines années feront leur entrée dans l’âge adulte à une période clé : la population active de ces régions sera en effet deux fois supérieure à la population sans emploi. Il y a là une opportunité future exceptionnelle de booster la croissance économique, de préserver et d’améliorer la vie des populations, ainsi que d’aider les familles, les communautés et les États à s’extraire de la pauvreté pour entrer dans la prospérité.

De récentes recherches ont démontré que la nutrition pouvait constituer un important catalyseur de croissance économique inclusive, chaque dollar investi générant un rendement de 15 à 138 $. La lutte contre la malnutrition ne constitue pas seulement une obligation éthique; il a en effet également été établi que ce combat pouvait permettre d’accroître la croissance du PIB jusqu’à 11% en Afrique et en Asie. Nous savons aujourd’hui que l’apport des nutriments essentiels aux femmes enceintes et à leurs nouveau-nés au cours de cette période critique de 1 000 jours qui se joue à compter de la conception jusqu’au deuxième anniversaire de l’enfant constitue le meilleur investissement possible pour la santé des intéressés comme pour celle de la société dans son ensemble. Se dresse à défaut la menace d’un retard de croissance physique, qui affecte actuellement un nombre astronomique de 165 millions d’enfants. Ce fléau du retard de croissance apparaît en effet désormais comme le vrai visage de la pauvreté dans le monde contemporain, engendrant des dommages irréparables sur le développement cognitif et physique de l’enfant. De plus, de nombreuses études médicales ont établi que la malnutrition au cours de cette « fenêtre des 1 000 jours » augmentait les risques d’hypertension, de maladies cardiovasculaires, de diabète, et même d’obésité, alourdissant les coûts des soins de santé plus tard dans l’existence.