Les caractéristiques complexes du lait
Le lait est l’aliment développé par l’évolution des mammifères pour le développement des nouveau-nés. La consommation de lait de vache et de produits laitiers tout au long de l'existence est un comportement relativement récent dans l’histoire d’Homo sapiens puisqu'il apparaît dans de petits foyers humains il y a dix mille ans environ (sur les 7 millions que compte l'espèce humaine). Cette consommation tout au long de la vie ne prévient pas les fractures osseuses comme le fait croire l'industrie laitière, et elle à des conséquences sur la santé que l'on commence seulement à cerner. La consommation de lait de ruminant au-delà de la période néonatale est associée à une augmentation de la taille moyenne de l'enfant et de l'adolescent. Elle est aussi associée à un risque accru de diabète de type-1 chez les enfants à risque, de maladies auto-immunes (comme la sclérose en plaques) et de certains cancers (prostate, ovaires) ; mais elle est aussi liée à un risque plus faible de cancer du côlon… Les effets biologiques du lait sont donc complexes mais réels.
Un nouvel article du Journal of Nutrition présente les voies de signalisation dans lesquelles le lait s’immisce pour favoriser la croissance, la prolifération des cellules et probablement certaines pathologies. Selon les chercheurs allemands qui ont réalisé cette revue de littérature, deux grandes catégories de constituants du lait envoient des signaux aux cellules humaines : certains acides aminés et les micro-ARN.
Tout d'abord, le lait contient du tryptophane, un acide aminé favorisant la synthèse de sérotonine, qui elle-même augmente la sécrétion d’hormone de croissance. En effet, la consommation de lait accroît les taux d’hormone de croissance, mais aussi du facteur de croissance IGF-1. Les protéines du lactosérum (whey) fournissent aussi des quantités importantes d’acides aminés branchés : leucine, isoleucine et valine. Or la leucine active un complexe cellulaire important pour la croissance et la prolifération des cellules (mTORC1). Ce complexe est impliqué dans différentes maladies de civilisation : obésité, diabète de type-2, hypertension, maladie d’Alzheimer, cancer de la prostate. Les acides aminés branchés sont d’ailleurs utilisés par les sportifs pour augmenter leur masse musculaire.
