Le soda et les jeunes enfants

Chez les adolescents, il avait déjà été prouvé que la consommation de sodas était associée à des comportements agressifs, de la dépression et des pensées suicidaires. Mais qu’en est-il chez les jeunes enfants ? Une nouvelle étude à paraître dans Journal of Pediatrics montre l'existence de problèmes comportementaux chez les enfants consommant des sodas. Les américains sont les plus gros consommateurs de sodas par habitant au monde. Cette consommation touche aussi de jeunes enfants. Les sodas peuvent contenir de l’eau riche en carbonates, du sucre, de l’aspartame, des acides citrique ou phosphorique, et de la caféine. Certains de ces ingrédients peuvent affecter le comportement. Ainsi, la caféine maintient éveillé, accentue la nervosité, favorise l’impulsivité et la prise de risque chez les enfants et les adolescents.

Des chercheurs américains ont voulu savoir si la consommation de ce type de boissons chez les jeunes enfants pouvait avoir des conséquences sur leur comportement. Pour cela, ils ont utilisé la cohorte «Fragile Families and Child Wellbeing Study», qui suit des mère et leurs enfants dans 20 villes américaines. Près de 3 000 enfants âgés de 5 ans, dont 52 % de garçons, ont participé à cette étude. Les chercheurs ont demandé aux mères combien de fois par jour leurs enfants buvaient des sodas, des jus de fruits, mangeaient des bonbons, et le temps qu’ils passaient devant la télévision. Elles ont aussi rempli un questionnaire sur le comportement de leur enfant et un autre pour détecter des signes de dépression maternelle. Elles devaient aussi signaler les problèmes de violence conjugale et d’incarcération paternelle.

Conclusion : 43 % des enfants consommaient des sodas au moins une fois par jour et 4 % au moins 4 fois par jour. L’agressivité, le repli sur soi et les problèmes d’attention étaient tous associés avec la consommation de sodas. Comme les problèmes comportementaux peuvent être liés au contexte familial, les chercheurs ont ajusté les résultats en fonction de différents facteurs : niveau d’éducation des mères, suspicion de dépression maternelle, violence conjugale, incarcération des pères... Même après ces ajustements, la consommation de sodas restait associée à un comportement agressif. De même, lorsque les résultats étaient ajustés en fonction de la consommation de jus de fruits ou de bonbons, du temps passé devant la télévision, les résultats variaient peu.