Cancer de la peau et infarctus
Les bénéfices de l’exposition au soleil seraient-ils supérieurs aux risques pour la peau ? C’est ce que suggère une très grande étude danoise publiée dans International Journal of Epidemiology. Les ultraviolets représentent un facteur de risque pour le cancer de la peau. En même temps, les UVB favorisent la synthèse de la vitamine D par l’organisme. Or cette vitamine permettrait de prévenir de nombreuses maladies chroniques, comme le diabète de type 2, les cancers, les maladies cardiovasculaires. De nombreux chercheurs défendent l'idée, chiffre contre chiffre que les bénéfices de l'exposition au soleil l'emportent sur les dommages qu'elle provoque (essentiellement les cancers).
Pour savoir si c'est le cas, des chercheurs ont étudié entre 1980 et 2006 la population danoise âgée de plus de 40 ans, soit 4,4 millions de personnes. Il y a eu environ 129 000 cancers de la peau (non-mélanomes), 22 000 mélanomes malins, 328 000 infarctus du myocarde, 129 000 fractures de la hanche et 1 630 000 décès toutes causes confondues. Dans cette étude, ceux qui avaient eu un diagnostic de cancer non-mélanome avaient un risque réduit de 48 % du risque de décès toutes causes. Pour ceux qui avaient eu un diagnostic de mélanome, le risque de décès toutes causes était réduit de 11 % par rapport à ceux qui n’avaient pas de diagnostic de mélanome ; la réduction était de 21 % pour les crises cardiaques et de 16 % pour les fractures de la hanche.
Par conséquent, un diagnostic de cancer de la peau paraît associé à un risque réduit d’infarctus du myocarde, de fractures de la hanche et de décès toutes causes confondues. Malgré tout, il faut rester prudent dans l'interprétation de ces chiffres dans la mesure où le fait d'être suivi médicalement pour un cancer de la peau a pu bénéficier au patient pour d'autres aspects liés à la prévention, au dépistage ou au traitement d'une autre maladie.
