Caféine et Développement cérébral

La consommation de caféine provenant du cola, du café ou de boissons énergisantes pourrait ralentir le développement du cerveau. C’est ce que suggèrent des travaux publiés par des chercheurs suisses dans PLoS One. L’ANSES a émis un avis suggérant d’éviter la consommation de boissons énergisantes avec de l’alcool ou dans le cadre d’un effort physique. Ces boissons contiennent de la caféine, du ginseng et de la taurine. Leur consommation a fortement augmenté ces dernières années, notamment chez les jeunes. C'est surtout la caféine qui pose problème. Des chercheurs suisses se sont demandé quel pouvait être l’effet de la consommation de grandes quantités de caféine chez des jeunes. Une canette de Red Bull contient par exemple 80 mg de caféine, deux fois plus qu’une canette de cola. Pour cela, ils ont étudié de jeunes rats à qui ils ont donné une eau de boisson contenant de la caféine. Ils ont ensuite observé le sommeil des animaux et analysé les caractéristiques de leur cerveau. L’adolescence correspond à une période critique pour la maturation du cerveau ; des remodelages des connexions entre neurones (les synapses) ont lieu pour améliorer l’efficacité du réseau cérébral. Par exemple, certaines de ces connexions, si elles ne sont pas nécessaires, disparaissent. Le sommeil profond joue un rôle dans le développement du cerveau des enfants et des adolescents.
Chez les rats qui ont reçu de la caféine, le sommeil profond était affecté ; de plus, les cerveaux de ces animaux avaient plus de connexions. Cela signifie que le processus de maturation du cerveau était repoussé en présence de caféine. Ces résultats, même s’ils ont été obtenus sur des animaux, posent la question de l’effet de la caféine sur le cerveau d’adolescents. Pour les chercheurs, les adolescents qui boivent 3 canettes de boissons énergisantes ou une grande bouteille de cola par jour réduiraient leur quantité de sommeil profond. En empêchant le sommeil profond, la caféine interfère avec le développement du cerveau adolescent. Or des problèmes de développement du cerveau à l'adolescence peuvent conduire à des troubles psychiatriques : schizophrénie, anxiété, troubles de la personnalité, addiction aux drogues...