Les oméga-3 & la Polyarthrite rhumatoïde

Prendre des oméga-3 en complément des médicaments ralentirait la progression de la polyarthrite rhumatoïde. C’est la conclusion d’une étude australienne parue dans les Annals of the Rheumatic Diseases. La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire auto-immune dans laquelle le système immunitaire s’attaque aux articulations. Douloureuse, elle entraîne des déformations et des invalidités. Cette maladie touche plus souvent des femmes. Il y aurait environ 200 000 cas en France. En parallèle aux traitements, des modifications dans l’alimentation peuvent apporter des bénéfices. Le régime Seignalet (sans gluten et sans laitages) obtient de très bons résultats.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs se sont intéressés aux effets de l’huile de poisson dans la maladie aux stades précoces. L’huile de poisson contient des acides gras oméga-3 : l’acide eicosapentanoïque ou EPA, et l’acide docosahéxaénoïque ou DHA, qui suppriment la synthèse de molécules inflammatoires, d’où l’idée de les tester dans le cadre de la polyarthrite rhumatoïde. D’ailleurs, il a été montré que les femmes qui consommaient beaucoup de poisson avaient un risque réduit de développer la maladie. Des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde depuis moins d’un an, avec au moins trois articulations touchées, ont été partagés en deux groupes : le groupe « huile de poisson » a reçu 5,5 g par jour d’EPA + DHA et le groupe témoin 0,4 g par jour. Tous commençaient en parallèle une trithérapie avec méthotrexate, sulphasalasine et hydroxychloroquine. Les doses des médicaments de la trithérapie ont évolué en fonction de la réaction des patients. En cas d’échec de la trithérapie, les patients recevaient du léflunomide. Au final, 122 patients ont suivi l’étude jusqu’au bout, 75 dans le groupe « huile de poisson » et 47 dans le groupe témoin.
Au bout d’un an, 10,5 % des patients du groupe « huile de poisson » et 32,1 % des patients témoins avaient commencé le léflunomide, ce qui est un signe de l’échec de la trithérapie. L’échec de la trithérapie était donc beaucoup plus faible dans le groupe qui prenait des oméga-3 (-76%). Le taux de rémission, évalué avec les critères de l’American College of Rheumatology, était deux fois plus important dans le groupe qui prenait le plus d’oméga-3.