Le poisson et le mercure

Le poisson et les fruits de mer ont des bénéfices pour la santé. Ils sont riches en acides gras oméga-3 à longues chaînes (EPA, DHA...). Ils apportent aussi de l’iode. Cependant, les soupçons de contaminations concernant certains poissons tendent à limiter notre consommation. Dans le souci de réduire l'exposition au mercure de la population, les autorités sanitaires conseillent donc de consommer du poisson et des produits de la mer avec parcimonie : dans un avis récent, l'ANSES recommande de ne pas dépasser 2 portions par semaine. S'il faut certes rester vigilant, une étude de l’université de Bristol indique cependant que le mercure d'origine alimentaire représente moins de 20 % de la concentration de mercure dans le sang. Et les produits de la mer n'interviennent que dans 7% de la variation du mercure dans le sang.
Ces nouveaux résultats ont été publiés dans Environmental Health Perspectives. Des chercheurs anglais et américains ont étudié 103 aliments et boissons consommés par 4 484 femmes enceintes provenant de l’étude ALSPAC (Avon Longitudinal Study of Parents and Children). Des échantillons de sang et des informations sur le régime alimentaire ont été recueillis. Des niveaux élevés de mercure ont des effets négatifs sur le développement du cerveau du fœtus. Historiquement, les inquiétudes concernant le mercure proviennent d’épisodes d’empoisonnements massifs, comme la contamination de la Baie de Minamata dans les années 50. Plus tard, une étude de 1997 menée sur 979 enfants de 7 ans aux Iles Féroé avait montré que le mercure était associé à des déficits légers dans le développement du langage, l’attention et la mémoire. Mais ces résultats n’ont pas pu être confirmés dans les études qui ont suivi.