Polyphénols & Risque de mortalité
Les personnes qui ont des apports élevés en polyphénols auraient un risque de mortalité réduit de 30 % par rapport à celles ayant des apports limités. Une étude espagnole qui s’appuie sur les concentrations urinaires en polyphénols plutôt que sur des questionnaires en fait la démonstration dans Journal of Nutrition.
Lorsque des épidémiologistes mènent des recherches en nutrition, ils utilisent généralement des questionnaires alimentaires. Les participants doivent alors se rappeler ce qu’ils ont mangé et en quelles quantités. Cette méthode a ses limites, car elle repose sur les souvenirs plus ou moins précis des individus. C’est pourquoi des chercheurs de l’université de Barcelone ont voulu s’appuyer sur un marqueur biologique qui mesure les apports réels en polyphénols.
Pour cela, ils ont utilisé les mesures en polyphénols urinaires chez 807 hommes et femmes de plus de 65 ans vivant en Toscane (Italie), et impliqués dans l’étude InCHIANTI. Les polyphénols sont des molécules présentes dans les fruits et légumes, mais aussi le chocolat, le café, le thé. Par exemple, le resvératrol des raisins rouges est un polyphénol. Il possède des propriétés anti-oxydantes qui pourraient expliquer le « French paradox ».
Conclusion : 274 participants, soit 34 %, sont décédés pendant les 12 années de suivi. Une association entre des apports élevés en polyphénols et une réduction du risque de mortalité a été observée : les personnes dont les taux de polyphénols urinaires étaient les plus élevés (> 650 mg/jour) avaient une réduction de 30 % de leur risque de mortalité, par rapport à ceux dont les apports étaient les plus faibles (< 500 mg/jour). Par comparaison, des fruits comme les pommes, raisins, poires, cerises, baies contiennent 200 à 300 mg de polyphénols pour 100 g de fruit frais. Les polyphénols urinaires étaient également plus élevés chez les personnes qui avaient survécu que chez celles qui étaient décédées : au moment de l’inclusion dans l’étude, il y avait en moyenne 163 mg / jour d'équivalents de l’acide gallique chez les survivants, contre 143 mg chez ceux qui sont décédés au cours du suivi.
