Prévention contre le diabète
Prévenir les risques dès la fourchette. Malgré les nombreux messages d'information et de prévention, environ 3,5 millions de personnes sont diabétiques en France et la prévalence de cette maladie ne cesse d'augmenter. Cette pathologie est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation. Cela se traduit par un taux de glycémie (taux de sucre dans le sang) trop élevé. Les personnes prédisposées comme les patients doivent donc apprendre à gérer leur alimentation pour améliorer leur glycémie (taux de sucre dans le sang). "On peut véritablement parler d'épidémie", souligne le Dr Huet, chef du service diabétologie endocrinologie du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (GHPSJ). Deux facteurs sont en cause : le vieillissement pour lequel on ne peut rien faire et une population qui grossit et qui devient de plus en plus sédentaire. En 10 ans les hommes français ont pris 2,5 cm de tour de taille et les femmes 4,5 cm. C'est pour cela que la majorité des cas concerne le diabète de type 2, celui qui ne survient qu'après 40 ans et est surnommé "le diabète gras"".
Faut-il pour autant s'imposer une baisse de calories drastique ? "Non, mais si vous ne faites pas attention à la nourriture alors que vous prenez correctement le traitement cela ne sert à rien", ajoute le Dr Huet. Les patients atteints d'un diabète de type 1, une maladie qui survient le plus souvent chez les enfants et les adultes jeunes, n’ont pas à restreindre leur alimentation. Les progrès du traitement (l'insulinothérapie) leur permettent de manger librement, comme toute autre personne. "C’est leur traitement qui doit s’adapter à l’alimentation et non l’inverse", souligne le médecin. Une seule condition cependant : apprendre à évaluer la quantité de glucides lors de chaque repas pour injecter une quantité d'insuline proportionnelle. Pour les diabétiques de type 2, l'alimentation est en revanche au cœur du traitement. La majorité des patients étant en surpoids, leur objectif est de limiter leurs apports en sucres et surtout en graisses. "Plus le patient est âgé plus il est difficile de changer son alimentation. En fait, il faudrait intervenir dès l'enfance pour éviter que les mauvaises habitudes ne s'installent", précise le Dr Huet. Pour autant, les recommandations diététiques à suivre diffèrent peu des préconisations traditionnelles : se tenir aux cinq fruits et légumes par jour, limiter les graisses ajoutées (crème, beurre), privilégier le poisson à la viande rouge, ou encore limiter sodas et bonbons. "Il ne s'agit pas de régime mais d'équilibre alimentaire. Cela permet également redécouvrir les goûts et les saveurs, ce que les patients habitués à de la "malbouffe" peuvent oublier. Enfin, une modification de son hygiène de vie passe également par la pratique d'une activité physique régulière", conclut le Dr Huet.
