Les oméga-3 et la dégénérescence de la rétine

Les acides gras oméga-3, et notamment l’EPA, pourraient combattre l’inflammation dans la macula à l’origine de la dégénérescence de la rétine. C’est le résultat encourageant d’un essai clinique ouvert publié dans PharmaNutrition. La DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) correspond à une détérioration de la rétine dans sa partie centrale (la macula). Elle existe sous une forme sèche, où le tissu s'altère progressivement, et une forme humide, dans laquelle des vaisseaux prolifèrent sous la rétine. La DMLA conduit à une baisse de l’acuité visuelle, avec l'apparition d'une tache au milieu du champ de vision ; des lignes droites peuvent être vues déformées. La DMLA représente la cause la plus courante de perte de vision centrale sévère et irréversible chez les personnes de plus de 50 ans.
Dans cet essai ouvert (c’est-à-dire dans lequel patient et médecin connaissent le traitement), l’objectif était d’examiner l’effet de fortes doses d’oméga-3 sur la DMLA, sous sa forme sèche. Des études précédentes ont montré que les oméga-3 n'étaient pas efficaces contre la dégénérescence maculaire. Mais ici, les auteurs - des chercheurs chypriotes- ont voulu tester des doses plus élevées que celles des tests précédents. Les doses utilisées dans cet essai étaient de 3,4 g d’acide eicosapentaénoïque (EPA) et 1,6 g d’acide docosahéxaénoïque (DHA). Les niveaux d’EPA étaient 4 à 5 fois plus élevés que ceux des études ayant donné des résultats négatifs. Or, ici, au bout de 4 mois et demi, tous les patients ont présenté une amélioration significative de leur acuité visuelle. D’après les auteurs cette dose « élevée » ne le serait pas tant que cela si on la compare à d’autres essais dans lesquels EPA et DHA servaient à traiter des patients souffrant de traumatismes cérébraux ou de troubles de l’attention avec hyperactivité. De plus, l’importance donnée à l’EPA dans cet essai pourrait expliquer les résultats positifs obtenus.
Les acides gras oméga-3 sous forme d'EPA et de DHA se trouvent principalement dans les poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, saumon, etc.) et les crustacés. On peut aussi les obtenir sous forme de compléments alimentaires.