Le lait et les fractures
Les autorités sanitaires, l’industrie laitière et les nutritionnistes qui lui sont proches continuent de promouvoir la consommation de lait de vache dès l’enfance pour favoriser un prétendu « pic de masse osseuse » et réduire, assurent-ils, le risque de fracture à l’âge adulte. En réalité, les faits sont têtus et il n’existe aucune preuve que le lait prévient les fractures. Thierry Souccar, dans Lait, mensonges et propagande et plus récemment Le mythe de l’ostéoporose a exposé les données scientifiques montrant que le discours tenu par l’industrie laitière et ses amis en faveur des 3 à 4 laitages par jour relève de la pure propagande. Une nouvelle grande étude prospective qui a suivi pendant 22 ans plus de 96 000 hommes et femmes âgés de 50 ans issus de l’Etude des Infirmières et de l’Etude de suivi des professionnels de santé, vient renforcer ses affirmations et affaiblir un peu plus la position des autorités sanitaires et des nutritionnistes amis de l’industrie laitière. Les chercheurs de Harvard ont cherché à établir une association entre la consommation de lait dans l’adolescence et le risque de fractures plus tard dans la vie.
Conclusion : après contrôle des facteurs de risque connus, chaque verre supplémentaire quotidien de lait au cours de l'adolescence était associé à un risque significativement plus élevé de fracture de la hanche chez les hommes. Chez les femmes, la consommation de lait n’était associée ni à une augmentation du risque de fracture, ni à une diminution de ce risque. La consommation de lait à l’adolescence n’est pas associée à un risque plus faible de fractures, et pourrait même être liée à un risque plus élevé chez les hommes.
