Le navet japonais

La cuisine japonaise est riche en légumes fermentés, comme le « tsukemono ». D’après un article de Letters in Applied Microbiology, des navets fermentés populaires au Japon, les « suguki », stimuleraient indirectement le système immunitaire de la souris exposée au virus de la grippe. La fermentation est un processus biologique catalysé par des micro-organismes. Ainsi, la fermentation lactique, qui permet la fabrication de fromage, nécessite des bactéries lactiques. La fermentation alcoolique peut avoir lieu grâce à des levures, alors que le vinaigre a besoin de bactéries acétiques. Certains micro-organismes, qui ont un effet bénéfique sur la santé, sont qualifiés de « probiotiques ». On les trouve par exemple dans certains yaourts.
Ici, des chercheurs japonais et néo-zélandais se sont intéressés à un navet fermenté japonais, le suguki, qui contient la bactérie lactique Lactobacillus Brevis KB290, connue pour avoir un effet sur l'immunité. Pendant 14 jours, ils ont nourri des souris avec des souches lyophilisées de cette bactérie, remises en suspension dans une solution saline. Puis ils ont infecté les souris par voie intra-nasale avec un virus H1N1, en utilisant 50 % de la dose mortelle pour une souris. Les chercheurs ont arrêté l’administration de la souche bactérienne avant l’infection par le virus grippal.
Conclusion : 7 jours après l’infection, les niveaux d’immunoglobuline A (un type d'anticorps) spécifiques du virus ont augmenté dans le fluide broncho-alvéolaire des souris nourries avec KB290, par rapport aux témoins. Il y avait aussi une élévation significative de l’interféron alpha chez les souris nourries au KB290, même 3 et 7 jours après l’infection. L'interféron est une molécule produite par des cellules immunitaires en réaction à la présence d'agents étrangers. La souche probiotique donnée pendant les 14 jours précédant l’infection par le virus a soulagé des symptômes comme la perte de poids et la détérioration des conditions physiques.