Les boissons sucrées et le cancer de l’endomètre
Les femmes ménopausées qui consomment des boissons sucrées sont plus susceptibles de développer un cancer de l’endomètre. C’est la conclusion d’une étude américaine publiée dansCancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention. Avec 6560 nouveaux cas en 2010, le cancer de l’endomètre est le 5e cancer le plus fréquent chez les femmes françaises. Les facteurs augmentant l’exposition aux œstrogènes accroissent le risque de cancer de l’endomètre : graisses corporelles, thérapie à base d’œstrogènes, ménopause tardive, absence de grossesse. Ces facteurs de risque sont surtout associés au cancer de l’endomètre de type I, c’est-à-dire des tumeurs dépendantes des œstrogènes. Le cancer de l’endomètre de type II, plus agressif, est moins courant. Les femmes obèses ont tendance à avoir des niveaux d’oestrogènes plus élevés, d’où un risque accru de cancer de l’endomètre.
Les chercheurs ont voulu savoir si la consommation de boissons sucrées était aussi associée au cancer de l’endomètre. En effet, la consommation de ces boissons est liée à un risque accru d’obésité et de diabète de type 2. Les chercheurs ont utilisé les données de 23 039 femmes ménopausées, faisant partie de l'Iowa Women’s Health Study, décrivant leurs habitudes alimentaires en 1986. Leur moyenne d’âge était de 61,6 ans lors de leur inclusion dans l’étude. Entre 1986 et 2010, il y a eu 506 cancers de l’endomètre de type I et 89 de type II. La moyenne d’âge lors du diagnostic était de 72,6 ans et 74,4 ans pour les cancers de l’endomètre de type I et II respectivement. Le risque de cancer de l’endomètre de type I augmentait chez les grosses consommatrices de boissons sucrées : par rapport à celles qui n’en buvaient pas, celles qui en buvaient plus 2 fois par semaine augmentaient de 78 % leur risque. Ce risque se maintenait même en ajustant les résultats en fonction de l’IMC, l’activité physique, les antécédents de diabète, le tabagisme. Un risque plus élevé de cancer de l’endomètre de type I était aussi observé avec des apports en sucre plus élevés. Mais les chercheurs n’ont pas trouvé d’association entre le cancer de l’endomètre et les sodas sans sucre, les aliments sucrés (pâtisseries), ou l’amidon.
