Vérité sur l’huile de palme

"Terriblement nocif", "un poison violent", "au lieu de se souhaiter bon appétit, il faudrait se souhaiter bonne chance"… Les commentaires associés à l'huile de palme qui apparaissent après une recherche sur Google sont éloquents quant à l'opinion que s'en fait le grand public. Est-elle justifiée ou alimentée par une peur que véhiculent les médias ? L'Institut de recherche clinique1 a réuni des experts autour d'une table afin d'apporter des réponses à toutes les questions que vous vous posez sur l'huile de palme.
L’huile de palme définition
C'est une huile produite à partir de la pulpe du fruit du palmier à huile. Le noyau de ce fruit produit aussi une huile, l'huile de palmiste, beaucoup moins répandue. Les palmiers qui servent à produire l'huile de palme sont cultivés principalement en Malaisie et en Indonésie (87 % de la production mondiale entre ces deux pays). En 2012, 53,3 millions de tonnes ont été mis sur le marché (contre 7,6 en 1981). "Depuis 2005, il s'agit de la première huile végétale produite dans le monde", commente Jean-Paul Jamet, ingénieur agronome et Secrétaire général du Centre national pour la promotion des Produits Agricoles et Alimentaires (CNPA), qui a collecté ces données chiffrées.
Pourquoi cette si forte disponibilité ? Tout simplement grâce au rendement des palmiers à huile :"un hectare de culture permet de récolter 5 à 6 tonnes d'huile de palme par an", contre "1 à 1,5 tonne d'huile de colza ou de tournesol sur une même surface", explique l'ingénieur. D'où le prix "bas" de cette fameuse huile de palme.
Les principaux pays importateurs sont l'Inde (7,7 millions de tonnes en 2013) et la Chine (6,4 millions de tonnes). L'usage principal de l'huile de palme dans le monde est alimentaire (78 %). On la retrouve dans des huiles de friture ou de table, des biscuits, des nappages de pâtisserie... Les autres utilisations sont l'oléochimie (bougies, cosmétiques, lubrifiants, graisses…) et le biodiésel (4 %). "Dans l'Union européenne, la consommation est légèrement différente par rapport aux habitudes mondiales", relève Jean-Paul Jamet. "Elle est utilisée pour 68 % dans l'alimentation, pour 10 % en oléochimie et pour 22 % sous forme de biodiesel". En France, la consommation alimentaire d'huile de palme est estimée à 120 000 tonnes annuelles, soit 2 kg par personne et par an. A ceux qui pointent du doigt une "surconsommation", Jean-Paul Jamet répond : "A titre de comparaison, nous consommons 360 000 tonnes de beurre chaque année".