La vitamine D et ses bénéfices

L’épidémiologiste Philippe Autier et ses collaborateurs de l'International Prevention Research Institute (Lyon) se penchent sur l’intérêt potentiel de la vitamine D à partir de deux types de preuves : 290 études d’observation (qui permettent d’établir une association entre le statut en vitamine D et l’état de santé) et 172 études d’intervention (dans lesquelles on a donné un supplément de vitamine D pour connaître ses effets sur la santé). Les 290 études d’observation retenues par Autier suggèrent que les personnes qui ont des taux sanguins de vitamine D élevés sont en meilleure santé que celles qui ont des taux bas. Par exemple, elles avaient un risque plus faible de maladie cardiovasculaire (jusqu’à -58%), de diabète (jusqu’à moins 38%), de cancer colorectal (jusqu’à -33%), et surtout de mortalité (jusqu’à -29%). De plus, un taux de vitamine D bas était associé à des troubles cognitifs, des troubles de l’humeur et un risque accru de maladies infectieuses.
Cependant, lorsqu’ils examinent les résultats des essais d’intervention randomisés, les auteurs de ce travail concluent que les suppléments de vitamine D ne diminuent pas le risque de maladies, y compris lorsque les taux sanguins de départ témoignent d’un déficit (moins de 20 ng/mL).Comme les études d’intervention ne semblent pas confirmer les résultats des études d’observation, les auteurs pensent que si un déficit en vitamine D est associé à un mauvais état de santé dans les études d’observation, ce n’est pas parce que le manque de vitamine D nuit à la santé, mais parce que ces études comportent des effets confondants ou en vertu d’un lien de causalité inverse. Voici un exemple (tout à fait théorique) d’effet confondant : l’obésité est associée à un risque plus élevé de maladies, mais aussi à un taux plus bas de vitamine D. Dans ce cas, la maladie X ne serait pas due à un taux de vitamine D bas mais à l’obésité elle-même.
Un exemple de causalité inverse : une personne à la santé médiocre ne sort plus beaucoup de chez elle ; son taux de vitamine D baisse. Un peu plus tard, elle tombe malade. Dans ce cas, l’association entre le taux de vitamine D et la maladie n’est pas causale : c’est au contraire parce que l’état de santé de cette personne s’est dégradé que son taux de vitamine D était bas.