Les oméga-3 et le lait bio
Le lait bio pourrait constituer une source d’acides gras polyinsaturés oméga-3 chez les consommateurs qui le tolèrent. Voici ce que suggèrent des chercheurs qui ont étudié la composition des laits aux Etats-Unis et publient leurs résultats dans PLoS One. Au cours du siècle dernier, les apports en acides gras oméga-6 (l'autre famille d'acides polyinsaturés indispensables) des régimes occidentaux ont fortement augmenté alors que ceux des oméga-3 ont diminué. Le rapport oméga-6/oméga-3 s’est élevé à des taux excessifs au niveau nutritionnel, généralement entre 10 et 15, alors qu'un ratio optimal se situerait entre 1 et 3. Une réduction du rapport oméga-6/oméga-3 limite le risque de maladie cardiovasculaire, de diabète et de surpoids. Des chercheurs de l’université de Washington ont étudié la composition en acides gras de laits provenant de l’agriculture biologique ou de l'agriculture conventionnelle. Ils ont sélectionné 14 laits du commerce provenant de 7 régions des Etats-Unis. En tout, ils ont analysé 378 échantillons de lait bio ou conventionnel sur 18 mois.
Conséquence : Le lait bio contenait en moyenne 25 % d’acides gras oméga-6 de moins et 62 % d’acides gras oméga-3 de plus que le lait conventionnel. Le ratio oméga-6/oméga-3 était 2,5 fois plus élevé dans le lait conventionnel que dans le lait bio : 5,77 contre 2,28. Les chercheurs ont aussi observé des variations saisonnières et régionales dans les profils d’acides gras.D’après les auteurs, sur la base des apports conseillés en vigueur aux USA (3 laitages par jour), les produits laitiers issus de l'agriculture biologique apportent plus d’acide alpha-linolénique (un acide gras oméga-3) que les produits de la mer, un tiers de plus d'EPA (oméga-3 à longue chaîne), mais quasiment pas de DHA..
Le lait bio provient de vaches qui consomment des quantités significatives d’herbe et de fourrage, ce qui expliquerait de plus fortes concentrations en acides gras oméga-3. En agriculture conventionnelle, les vaches ont un accès limité aux pâturages, et sont souvent nourries avec des céréales, comme du maïs. Au cours des dernières années, la proportion de fourrage a diminué dans l’agriculture conventionnelle. Par conséquent, le lait de vaches consommant des quantités significatives d’herbe et de fourrages contient moins d’acides gras oméga-6 et plus d’acides gras oméga-3 que le lait des vaches nourries aux céréales.
