L'alimentation du père influence la santé des enfants
Le régime alimentaire des pères avant de concevoir pourrait jouer un rôle dans la santé de leur descendance. D’après une étude canadienne parue dans Nature Communications, des souris mâles déficientes en vitamine B9 ont une descendance plus souvent touchée par des malformations. La vitamine B9, aussi appelée folates, se trouve dans des légumes verts à feuilles, des céréales, fruits et viandes. Une complémentation en vitamine B9 est souvent recommandée en prévention des fausses couches et des malformations, chez les femmes qui souhaitent une grossesse. En effet, un déficit en folates (alimentaire ou d'origine génétique) dans les premières semaines de la grossesse perturbe les mécanismes qui président à la fermeture du tube neural et à la formation d'autres organes et tissus, dont le cœur, le palais... Les malformations du tube neural sont responsables du spina bifida. Mais chez les pères aussi les folates sont importants, pour d'autres raisons.
Des chercheurs canadiens de l’université McGill au Québec ont voulu savoir si les folates de l’alimentation paternelle avaient des conséquences sur la santé de la descendance. Pour cela, ils ont travaillé sur des souris et comparé la descendance de souris mâles manquant de B9 avec une descendance de mâles témoins. Le déficit en B9 a augmenté les dommages à l’ADN lors de la formation des spermatozoïdes. Il a aussi eu des conséquences négatives sur la reproduction puisque la fertilité des mâles déficients en acide folique était inférieure à celle des souris témoins. 27 % des fœtus provenant de mâles manquant de B9 présentaient des anomalies anatomiques, contre 3 % dans les portées de mâles témoins. Les anomalies de la descendance étaient des malformations crâno-faciales et musculosquelettiques.
Les chercheurs expliquent cet effet grâce à l’épigénétique : des modifications de l’ADN influencent l’expression des gènes ; elles caractérisent l’épigénome. L’épigénome des spermatozoïdes pourrait être influencé par l’environnement et notamment l’alimentation. En quelque sorte, les spermatozoïdes transportent la mémoire de l’environnement paternel : ses caractéristiques alimentaires et son style de vie (tabagisme, alcoolisme…). Les gamètes transmettent ainsi des informations sur l’exposition environnementale des parents.
