L’asthme et le régime riche en fibres
Le lien entre notre alimentation et notre respiration ne semble pas évident... Et pourtant, nos menus auraient bel et bien une influence sur notre souffle. Les résultats de l’équipe d’Aurélien Trompette montrent que la richesse en fibres du régime alimentaire influe sur la santé des voies respiratoires. Les chercheurs ont voulu savoir si le microbiote, ces milliards de bactéries qui peuplent nos intestins, pouvait avoir une influence sur les tissus périphériques tels que les poumons. Ayant observé que les fibres alimentaires avaient la capacité de changer la composition du microbiote intestinal et des poumons, ils ont donc comparé les effets d’un régime plus ou moins riche en fibres chez les souris.
Au final, ils ont observé que les souris ayant reçu un régime riche en fibres étaient mieux protégées contre les inflammations d’origine allergique au niveau des poumons et à l’inverse, celles avec un régime pauvre en fibres avaient plus de risques d’avoir des maladies des voies respiratoires. Les chercheurs expliquent ce lien de causalité étonnant par des réactions en chaîne initiées par les bactéries du microbiote : une fois dans les intestins, les fibres sont métabolisées par les bactéries intestinales pour aboutir à la production d’acides gras à chaîne courte. Ces mêmes acides gras, une fois dans la circulation sanguine, sont capables d’agir sur d’autres tissus et notamment sur les voies respiratoires en modulant la production de cellules immunitaires et donc les processus inflammatoires.
Ces résultats surprenants offrent une piste intéressante pour expliquer les cas de plus en plus nombreux d’asthme allergique dans les pays occidentaux. En effet, le régime alimentaire actuel a beaucoup évolué ces dernières années, avec une part de plus en plus importante des produits industriels raffinés et à l’inverse, de moins de moins d’aliments "bruts", particulièrement riches en fibres. Si ces résultats n’ont été observés que chez les souris pour l’instant, les chercheurs se montrent optimistes quant à leur transposition chez l’homme. Reste à déterminer à partir de quelles quantités de fibres et/ou d’acides gras les effets bénéfiques peuvent être observés !
