Les compléments en vitamine D
Quels bénéfices attendre d’une complémentation en vitamine D ? D’après des chercheurs néo-zélandais qui ont réalisé une synthèse d’essais cliniques dans The Lancet, il ne faut pas espérer plus de 15 % de réduction du risque d’infarctus, d’AVC, de cancer ou de fractures. Le déficit en vitamine D touche la plupart des populations dans le monde. Il est associé dans les études d'observation, à différents problèmes de santé, d'où l'idée qu'une complémentation permette de prévenir des pathologies. La vitamine D est apportée en partie par l’alimentation, mais elle est surtout fabriquée par la peau exposée au rayonnement du soleil. Des chercheurs de l’université d’Auckland ont recherché des essais cliniques sur l'efficacité d'une complémentation en vitamine D pour prévenir des événements cardiovasculaires, cérébrovasculaires, des cancers et des fractures. Ils voulaient savoir si les preuves étaient suffisantes pour recommander une complémentation dans ces différents domaines. Ils ont sélectionné une quarantaine d’études.
Conclusion : L’effet de la complémentation en vitamine D, avec ou sans calcium, pour l’infarctus du myocarde ou la maladie ischémique cardiaque (9 essais pour 48 647 patients), l’AVC ou la maladie cérébrovasculaire (8 essais pour 46 431 patients), le cancer (7 essais pour 48 167 patients) et les fractures (22 essais pour 76 497 patients) était très limité : la complémentation ne modifierait pas ces facteurs de risque de plus de 15 %. Les chercheurs n’ont pas pu déterminer si la vitamine D, avec ou sans calcium, réduisait la mortalité au vu des 38 essais cliniques recensés, représentant 81 173 personnes. En fait, la vitamine D avec ou sans calcium ne semblait pas avoir d’effet significatif sur l’infarctus du myocarde, la maladie cardiaque ischémique, l’AVC, la maladie cérébrovasculaire, le cancer ou les fractures totales. Le principal effet trouvé concernait les fractures de la hanche. La vitamine D associée au calcium a réduit les fractures de la hanche chez des personnes âgées dans 2 essais cliniques, représentant 3 853 patients. Les auteurs signalent que ces deux études ont toutes deux été réalisées en France par la même équipe de recherche. Cet effet sur les fractures justifie en partie les recommandations récemment émises pour prévenir les chutes et fractures des personnes âgées.
