La margarine Pro-Activ & les risques cardiovasculaires
Pro-Activ (Unilever) et d’autres produits similaires renferment des doses élevées de substances d’origine végétale proches du cholestérol : les phytostérols et phytostanols. Selon l’ONG européenne Foodwatch, qui s’appuie notamment sur un avis de l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques alimentaires (BfR), ces substances posent un risque cardiovasculaire aux personnes dont le cholestérol est normal. Foodwatch conseille de s’abstenir de les consommer dans ce cas.
Les stérols sont présents en petites quantités dans toutes les plantes qui contiennent une fraction lipidique, comme les noix, les graines, les céréales, les huiles. Ils ne sont pas considérés comme essentiels. Les stanols sont des stérols qui ont subi une hydrolysation industrielle. Il est possible que les phytostérols contribuent aux maladies cardiovasculaires même à des concentrations modérément élevées. Plusieurs études d’observation (mais pas toutes) ont trouvé une association entre le taux sanguin de phytostérols et le risque coronarien.
Une étude a analysé les effets de la consommation de stérols et de stanols sur les vaisseaux de la rétine. La mesure du diamètre des vaisseaux rétiniens est aujourd’hui de plus en plus utilisée comme marqueur du risque cardiovasculaire : lorsque le diamètre veineux augmente, et/ou lorsque le ratio diamètre artériel sur diamètre veineux diminue, on estime que le risque coronarien est plus élevé. Dans cette étude, les chercheurs ont observé chez les consommateurs de phytostérols, une tendance à l’augmentation du diamètre veineux rétinien et une baisse du ratio diamètre artériel sur diamètre rétinien. En plus, le taux de stérol sanguin était associé au diamètre veineux rétinien. Or les aliments à visée hypocholestérolémiantes sont répandus, y compris chez les consommateurs qui n’en auraient pas besoin. Le marché annuel européen des aliments «anticholestérol» est évalué à 2,5 milliards de dollars. Selon une étude belge, 21% des enfants d’âge pré-scolaire avalent des phytostérols à la table familiale, tout comme 58% des adultes dont le cholestérol est pourtant normal.
Pour toutes ces raisons, depuis le 15 février 2014, les aliments à base de stérols et stanols vendus dans l’Union européenne doivent afficher sur leur emballage un avertissement selon lequel « le produit n’est pas destiné aux personnes qui n’ont pas besoin de contrôler leur taux de cholestérol. » Pour Foodwatch, ce n’est pas suffisant, car cet avertissement apparaît en trop petits caractères.
