Le bio est-il réellement bon pour la santé ?
Si l’engouement pour le bio est plus que jamais d’actualité, de nombreuses questions restent en suspens : l’alimentation bio est-elle réellement meilleure pour la santé ? Permet-elle de réduire les risques de maladies chroniques ? Consommer bio permet-il de réduire notre impact environnemental ? Existe-t-il un profil type des consommateurs de produits bio ?
Pilotée par le Pr Serge Hercberg, cette équipe de recherche est d’ores et déjà aux commandes de l’étude NutriNet-Santé, dont l’objectif est de mieux comprendre les liens et interactions entre la nutrition et la santé. S’ils ont pu recueillir quelques données spécifiques concernant la consommation d’aliments bio, les chercheurs ont voulu s’y intéresser de plus près et pour cela, ils viennent donc de lancer l’étude BioNutriNet. Jusqu’à présent, des résultats préliminaires de l’étude NutriNet avaient pu mettre en évidence qu’une grande majorité des Français pensent que le bio est meilleur pour la santé (69,9%) et pour l’environnement (83,7%). Mais pour plus de la moitié d’entre eux (51%), le bio reste trop cher, ce qui peut constituer un frein à l’achat.
Par ailleurs, les données fournies par NutriNet ont permis d’établir une sorte de portrait-robot du consommateur bio : il a des apports plus élevés en vitamines et minéraux, une consommation plus élevée de fruits et légumes. Il consomme peu de fast-food, de sodas et a moins de chance d’être en surpoids. En résumé, "ses habitudes de consommation sont proches des recommandations du PNNS et il a donc un profil alimentaire plus favorable à la santé" selon le Dr Emmanuelle Kesse, directrice de recherche à l’Inra et qui pilote l’étude BioNutriNet. "Mais cet effet favorable est-il lié à la consommation de produits bio ou à d’autres facteurs ? C’est entre autres pour répondre à cette question que nous avons lancé cette étude" explique-t-elle.
