Barbecue, viandes grillées et Alzheimer

Peut-on éviter la maladie d’Alzheimer en mangeant différemment ? D’après des chercheurs américains dirigés par Helen Vlassara, qui publient de nouveaux résultats dans PNAS, des molécules présentes dans les viandes grillées augmenteraient le risque de démence et de déficience cognitive. La maladie d’Alzheimer et les autres démences liées à l’âge ont vu leur fréquence augmenter au cours des dernières décennies ; le vieillissement de la population n’est pas le seul responsable de cette épidémie. Des facteurs environnementaux, comme l’alimentation, pourraient jouer un rôle.
Des chercheurs de l’Icahn School of Medicine du Mont Sinai à New York se sont intéressés à des molécules présentes dans les viandes grillées et les produits laitiers pasteursés ou stérilisés : les produits de glycation avancés ou AGEs. En effet, les régimes alimentaires modernes incluent souvent trop d'AGEs, comme les dérivés du méthylglyoxal, considérés comme des neurotoxiques. Pour savoir si ces molécules favorisent la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont testé trois régimes alimentaires chez des souris tout au long de leur existence : un régime faible en AGEs, un régime complémenté en dérivés du méthylglyoxal et un régime standard de souris de laboratoire. Au cours du vieillissement des souris, celles qui avaient eu des dérivés du méthylglyoxal avaient des niveaux augmentés de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau et des déficits cognitifs et moteurs. Ces changements n’existaient pas chez les souris qui recevaient peu d’AGEs. La protéine bêta-amyloïde est la protéine qui forme des plaques dans le cerveau de malades d’Alzheimer.
Du point de vue moléculaire, les chercheurs pensent que ces changements sont liés à la protéine SIRT1, une sirtuine induite par la restriction calorique. En effet, chez les souris nourries avec des AGEs, les chercheurs ont observé une suppression de la protéine SIRT1. Or, la suppression de SIRT1 est liée à la démence, à la maladie d’Alzheimer, et au diabète.