La vitamine C et la chimiothérapie

De nouveaux résultats prometteurs sur la vitamine C suscitent un regain d’intérêt pour cette vitamine car de très fortes doses semblent stimuler les effets de la chimiothérapie chez des souris et aider des patients cancéreux à mieux tolérer leur traitement. Dans un article de Science Translational Medicine, des chercheurs américains suggèrent que de nouveaux essais cliniques testant la vitamine C soient lancés pour améliorer le traitement du cancer. La vitamine C, ou acide ascorbique, est une molécule anti-oxydante présente dans de nombreux fruits et légumes : oranges, pamplemousse, citron, chou… Elle existe aussi sous forme de compléments alimentaires, seule ou intégrée dans des multivitamines.
Ici, les chercheurs ont voulu tester l’effet de fortes doses de vitamine C administrées par voie intraveineuse dans le cadre du traitement du cancer. Lors d’essais cliniques précédents, la vitamine C ne semblait pas efficace, mais elle était administrée oralement, ce qui, de l'avis des auteurs, posait problème. Pour Jeanne Drisko, l’une des auteurs de l’étude, « Quand vous avalez un cachet ou quand vous mangez une orange, la vitamine C est absorbée à une certaine vitesse par l’intestin et excrétée très rapidement par les reins. Mais si vous la donnez en intraveineuse, vous passez outre. Les niveaux sanguins peuvent être très élevés. »
Tout d’abord, les chercheurs ont examiné les effets de la vitamine C sur des cellules cancéreuses au laboratoire et dans des cellules de cancer de l’ovaire chez la souris. Quand de fortes concentrations de vitamine C entraient dans l’espace situé entre les cellules, la vitamine formait du peroxyde d’hydrogène (H2O2), la molécule présente dans l’eau oxygénée. Les chercheurs ont observé que le peroxyde d’hydrogène peut agir sur les cellules cancéreuses de différentes manières : en créant des dommages à l'ADN, en activant le métabolisme et en inhibant la croissance. Pour décrire l’effet du peroxyde d’hydrogène, Qi Chen qui a dirigé ces travaux parle de « crise énergétique pour les cellules cancéreuses ». Dans le même temps, le peroxyde d'hydrogène ne semblait pas nocif aux cellules non-cancéreuses.