La vitamine K & la mortalité
Connue pour son rôle dans la coagulation, la vitamine K aurait bien d’autres fonctions biologiques bénéfiques. D’après une recherche parue dans Journal of Nutrition, une augmentation des apports alimentaires en vitamine K réduirait le risque de mortalité par cancer ou toutes causes confondues. La vitamine K représente en fait un groupe de vitamines comprenant notamment : la phylloquinone, ou vitamine K1, que l’on trouve dans les légumes verts à feuilles (chou, épinard, brocoli...) et des huiles végétales, et la ménaquinone, ou vitamine K2, produite par des bactéries intestinales, et présente dans les produits fermentés.
Des chercheurs espagnols ont voulu tester l’association entre les apports alimentaires en vitamine K et la mortalité. Bien que la vitamine K ait été reliée aux troubles cardiovasculaires et au risque de cancer, les données de mortalité étaient peu nombreuses jusqu’à présent. 7.216 adultes provenant de l’étude PREDIMED (Prevención con Dieta Mediterránea) ont participé. Il s’agissait d’une population méditerranéenne à haut risque cardiovasculaire. Les chercheurs ont observé que les 25 % de participants qui avaient les plus gros apports en vitamine K1 consommaient plus de fruits et de légumes que les 25% qui avaient le moins d’apports. Pour la vitamine K2, sa consommation était associée à celle de produits laitiers et de viande. Au cours du suivi médian de 4,8 ans, il y a eu 81 décès à cause d’événements cardiovasculaires et 130 par cancer. 323 personnes sont décédées toutes causes confondues. 3.141 et 2.572 participants ont augmenté leur consommation de vitamine K1 et K2 respectivement au cours de la période de suivi.
Conclusions : Plus les apports en vitamine K1 étaient élevés moins le risque de mortalité par cancer et toutes causes confondues était grand. Mais il n’y avait pas d’association significative entre les apports en vitamine K et la mortalité cardiovasculaire. Les personnes qui ont augmenté leurs apports en vitamines K1 ou K2 pendant le suivi avaient un risque moins important de mortalité par cancer ou toutes causes que ceux qui diminuaient leurs apports ou ne les modifiaient pas. Ceux qui augmentaient leurs apports en vitamine K1 alimentaire avaient aussi un risque réduit de mortalité cardiovasculaire. Mais aucune association n’a été trouvée entre des changements d'apports en vitamine K2 et la mortalité cardiovasculaire.
