Les enfants allaités& l’obésité

L’allaitement limiterait le risque d’obésité à l’âge adulte, mais le régime alimentaire à l’âge de deux ans peut annuler ce bénéfice s'il est trop riche en protéines et trop pauvre en graisses. C’est le résultat d’une petite étude française qui paraît dans Journal of Pediatrics. L’allaitement a de nombreuses vertus : il permet de limiter les infections chez les jeunes enfants, notamment grâce aux anticorps apportés par le lait maternel. Mais il pourrait jouer bien d’autres rôles, par exemple dans le développement cognitif et affectif de l’enfant.
Nos ancêtres préhistoriques étaient probablement allaités jusqu'à l'âge de 3 ans environ, comme en témoigne la disparition de la capacité à digérer le sucre du lait (lactose) à cet âge, dans l'espèce humaine - sauf chez les descendants des peuples d'éleveurs du néolithique (25 à 30% de la population humaine) qui ont connu une mutation génétique leur permettant de continuer à exprimer la lactase. Dans cette étude, les chercheurs ont examiné les liens entre l’allaitement, l’alimentation des enfants en bas âge et leurs graisses corporelles à l’âge adulte. Pour cela, ils ont utilisé les données de 73 enfants en bonne santé nés en 1984, qui faisaient partie de la cohorte ELANCE (Etude Longitudinale Alimentation Nutrition Croissance des Enfants). Les chercheurs ont recueilli des informations sur l’alimentation des enfants à 10 mois et 2 ans, puis tous les deux ans jusqu’à 20 ans. Le poids, la taille, l’épaisseur du pli cutané sous-scapulaire et le pourcentage de graisses dans le corps ont été relevés à 20 ans. La mesure du pli cutané sous-scapulaire est une méthode de prédiction des graisses corporelles. Son épaisseur se mesure sous la pointe de l’omoplate.
Conclusions : 64 % des enfants ont été allaités, au moins partiellement, toutes durées confondues. Dans des modèles ajustés pour l'indice de masse corporelle de la mère et la profession du père, l’allaitement n’était pas associé avec les mesures de graisses corporelles à 20 ans. Mais lorsqu'on tient compte des apports nutritionnels avant deux ans, l’allaitement est associé de manière significative à l’épaisseur du pli de peau sous-scapulaire à 20 ans : chez ceux qui avaient été allaités, l’épaisseur de ce pli cutané était plus bas après avoir ajusté en fonction de l’énergie et des apports en graisses à l’âge de 2 ans, ou bien en ajustant en fonction de l’énergie et du pourcentage de glucides à 2 ans. Des apports élevés en graisses à 2 ans sont associés à une diminution de la masse grasse à 20 ans.