Les diabétiques et le gras
Manger gras pour avoir moins de problèmes cardiovasculaires ? Cela peut paraître surprenant. Pourtant, un article autrichien paru dans le British Journal of Nutrition suggère que les régimes qui n'imposent pas de limites aux graisses, et dans lesquels la part de glucides est réduite, sont favorables aux patients diabétiques. Le diabète de type 2 peut avoir de nombreuses complications : rétinopathie, neuropathie, maladies cardiovasculaires... Il peut être prévenu grâce à des modifications du style de vie, par exemple en augmentant son activité physique ou en modifiant ses habitudes alimentaires.
Dans ce nouvel article, les chercheurs ont examiné les effets à long terme (plus de 12 mois) de régimes riches ou pauvres en graisses sur la glycémie et les facteurs de risque cardiovasculaires chez des patients diabétiques ou prédiabétiques. Les personnes dites prédiabétiques sont à risque accru de diabète de type 2 : elles ont une intolérance au glucose, une résistance à l'insuline et une glycémie à jeun élevée. Le diabète de type-2 accompagne souvent l'obésité, mais on peut être mince et diabétique. Le foie jouerait un rôle important dans l'apparition du diabète.
Les conseils alimentaires donnés aux diabétiques ne sont pas toujours avisés et de nombreux chercheurs pensent qu'il est nécessaire de toute remettre à plat, et explorer des pistes négligées. En particulier, l'Assurance-maladie conseille de "limiter les lipides". Est-ce vraiment un bon conseil ? Les chercheurs ont recherché des articles dans les bases de données internationales. 14 essais cliniques ont été inclus dans l’étude comptant 1.753 personnes. Pour les chercheurs, un régime riche en graisses devait fournir plus de 30 % des apports énergétiques sous la forme de graisses.
Il est alors apparu que les régimes riches en graisses conduisaient à une diminution significative des niveaux de glucose disponible (-0,19 mmol/L), de la pression sanguine diastolique (-1,30 mm de mercure) et une augmentation significative des niveaux de cholestérol HDL (+0,05 mmol/L). La réduction des niveaux de glucose à jeun était de 0,41 mmol/L en moyenne. Une pression sanguine élevée augmente le risque d’AVC (accident vasculaire cérébrale) chez les patients diabétiques ; c’est pourquoi cette diminution pourrait réduire le risque de maladie cardiovasculaire.
